Lagarde (FMI): les tensions commerciales, "principale menace" pour l'économie

11 Juin, 2019, 12:44 | Auteur: Lynn Cook
  • Le vice-premier ministre chinois Liu He, le gouverneur de la banque centrale chinoise Yi Gang, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin et le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, le 29 mars 2019 à Péki

"La croissance mondiale semble se stabiliser, et devrait reprendre modérément cette année et en 2020", a déclaré le G20 dans son communiqué de clôture. "Le contexte était tendu, les négociations ont pris une trentaine d'heures", confie une source proche des discussions.

Autour de la table, ses partenaires ont tenu un discours alarmiste.

"Tous nos débats ont montré la très grande préoccupation sur le risque de guerre commerciale", a confirmé le ministre français des Finances, Bruno le Maire.

"Oui il y a un ralentissement en Europe, en Chine et ailleurs".

Pour autant, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a demandé dimanche aux représentants des pays du G20, réunis à Fukuoka au Japon, de s'assigner comme priorité la résolution des tensions commerciales, afin d'atténuer les risques pesant sur la croissance mondiale.

L'accord conclu par les responsables en charge des finances sera soumis à leurs dirigeants lors du prochain sommet du G20, prévu les 28 et 29 juin à Osaka. Dans leur ligne de mire: l'escalade entre Pékin et Washington- les deux premières économies mondiales- qui fait peser de gros risques sur la croissance mondiale. "Cela est certes une bonne nouvelle, mais le chemin devant nous demeure précaire, assujetti à plusieurs risques baissiers", a-t-elle dit à Fukuoka, au terme du G20.

Réserve fédérale américaine (Fed), Banque centrale européenne (BCE), Banque du Japon (BoJ): les grandes banques centrales sont toutes sur le qui-vive, prêtes à agir si nécessaire, même si leurs marges sont limitées tant elles ont déployé des moyens en masse depuis la crise financière d'il y a 10 ans.

Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a ainsi à nouveau fait état de sa vigilance face aux "incertitudes".

L'approche approuvée par le G20, et préconisée en amont par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), consiste d'une part à modifier la méthode de calcul de l'imposition des entreprises, en répartissant la taxation des entreprises entre les pays où elles vendent leurs biens et services, même si elles n'y ont pas de présence physique.

"Les pays membres réunis tout le week-end ont promis de " redoubler d'efforts " pour " remettre de la justice fiscale sur la scène internationale ", selon les propos de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des.

Facebook, Google, Amazon et d'autres géants du numérique se voient reprocher de déclarer leurs profits dans des pays à la fiscalité avantageuse, où que soient leurs clients. "Nous redoublerons d'efforts pour trouver une solution consensuelle, avec un rapport définitif d'ici 2020", ajoute le texte.

"Nous ne pourrions être plus satisfaits de l'accord que nous avons trouvé", a réagi le secrétaire d'Etat américain, le qualifiant de "très, très important".

Recommande: