Ce que l'on sait des enfants de djihadistes rapatriés par la France

11 Juin, 2019, 00:53 | Auteur: Lynn Cook
  • En Syrie 210 mineurs français vivraient dans des camps insalubres selon le dernier décompte effectué fin avril. AFP  Delil Souleiman

"Ils sont arrivés lundi à Paris, a confirmé le Quai d'Orsay, précisant que ces enfants français étaient tous des " orphelins, isolés et particulièrement vulnérables " dont " certains sont malades et dénutris ".

Les enfants, dont le plus âgé a dix ans, vivaient dans des camps du nord-est de la Syrie où ont été recueillies des dizaines de milliers de personnes ayant fui les offensives militaires des forces arabo-kurdes, appuyées par la coalition internationale, contre le dernier bastion de l'EI dans l'est de la Syrie.

Au Kurdistan syrien, Abdel Karim Omar, haut responsable des Affaires étrangères de l'administration autonome kurde, non reconnue par la communauté internationale, avait auparavant indiqué que "12 orphelins français issus de familles de l'EI" avaient été remis "à une délégation du ministère français des Affaires étrangères". Ils avaient été remis la veille par les combattants kurdes à une délégation du ministère français des Affaires étrangères.

Ainsi, jusqu'à présent, cinq orphelins et une fillette de trois ans, dont la mère a été condamnée à la perpétuité en Irak, ont été rapatriés en France.

Pour l'instant, les autorités françaises ont rapatrié 17 orphelins français, cinq le 15 mars et 12 lundi.

Parmi les pays concernés, la France se montre particulièrement réticente à récupérer ses ressortissants, y compris les enfants, qu'elle refuse a priori d'accueillir avec leur mère.

Citant des sources concordantes, les médias affirment que la dernière opération s'est déroulée dimanche dans la localité d'Aïn Issa, près de la frontière avec la Turquie. Selon le Quai d'Orsay, environ 450 ressortissants français affiliés à Daech sont en prison ou retenus dans des camps de réfugiés dans le nord-est de la Syrie.

Les autorités kurdes administrent aujourd'hui dans le nord-est de la Syrie plusieurs camps de déplacés surpeuplés où les conditions de vie sont très précaires.

Mais une autre avocate de familles françaises, Marie Dosé, à l'origine de plusieurs recours pour tenter d'obtenir ces retours, a dénoncé des "rapatriements au compte-goutte" qui "conduisent à des discriminations inexplicables et injustifiées entre des enfants qui ne sont responsables de rien".

La semaine dernière, deux Américaines et six enfants, issus de familles liées à l'EI en Syrie, ont été rapatriés aux États-Unis, qui pressent les pays européens de reprendre leurs djihadistes.

À leur retour en France, les enfants sont pris en charge dans une structure hospitalière où ils sont examinés tant sur le plan médical que sur le plan psychologique. Le magistrat décidera ensuite de leur capacité à accueillir ces enfants qu'ils rencontrent parfois pour la première fois.

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