Soudan: les chefs de la contestation appellent à la 'désobéissance civile'

10 Juin, 2019, 03:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Soudan: quatre morts au premier jour d'un mouvement de

La police a tiré dimanche à Khartoum des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui tentaient d'ériger des barrages routiers, au premier jour d'une campagne nationale de " désobéissance civile " lancée par les chefs de la contestation contre les militaires au pouvoir.

Deux des quatre personnes décédées ont été tuées par balles à Khartoum et la ville voisine d'Omdourman, tandis que les deux autres ont été "battues et poignardées" et sont mortes dans un hôpital d'Omdourman, a indiqué ce comité de médecins dans des communiqués distincts. Ces arrestations s'ajoutent à celle de Yasser Amran, chef-adjoint du SPLM-N, dénoncée par les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), qui ne vont certainement pas en rester là si le Conseil militaire persiste dans sa volonté d'écraser la contestation...

Les manifestants soudanais, appelés à la "désobéissance civile", tentent de reprendre la rue après la violente évacuation du sit-in devant le siège de l'armée à Khartoum le 3 juin, mais ont fait face dimanche à la répression des forces de l'ordre.

Des incidents ont éclaté notamment à Omdurman ou encore à Bahri où depuis 24h des manifestants ont installé des barricades sur les routes à l'aide de briques, de pneus, de pierres, de bouts de fer et de troncs d'arbres. L'armée régulière d'un côté, et les milices des Forces de soutien rapide (RSF) de l'autre bénéficient d'une telle bienveillance de certains parrains régionaux et internationaux que les experts craignent une extension et une aggravation du conflit.

Les militaires avaient entrepris des négociations avec les chefs de la contestation autour de la transition post-Béchir, qui ont toutefois été suspendues le 20 mai, chaque camp voulant en prendre la tête.

Les forces de sécurité se sont attachées à démonter les barrages de fortune montés par les contestataires. La plupart des commerces sont restés portes closes.

A Al-Obeid (centre), le marché est fermé et plusieurs employés de banque ne se sont pas allés travailler, selon plusieurs témoins.

Mohamed Esmat, l'une des figures du mouvement de contestation au sein de l'ALC, et Ismaïl Jalab, secrétaire général du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) ont été arrêtés, selon des proches du mouvement.

Vendredi, "lorsque nous sommes sortis de l'ambassade d'Ethiopie, une voiture avec des hommes armés s'est arrêtée, ils ont emmené Mohamed Esmat vers un lieu inconnu et sans donner d'explication", a déclaré Essam Abou Hassabou, membre de l'ALC.

Durant la visite vendredi du premier ministre éthiopien, les généraux se sont dits "ouverts aux négociations" mais l'ALC a opposé des conditions dont une enquête internationale sur le "massacre" du sit-in. Plusieurs proches ont déclaré ne pas savoir où ils ont été conduits.

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