Méditerranée noyée sous le plastique

10 Juin, 2019, 14:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Des sacs en plastique dans l'eau à Marseille le 30 mai 2019

600 mille tonnes de plastiques sont rejetées chaque année en Méditerranée, soit l'équivalent de 34 mille bouteilles de plastiques jetées chaque minute. 79% de cette pollution made in France vient des activités côtières (villes, tourisme.), 12 % des fleuves, 9% des activités maritimes (pêche, aquaculture, transport). On estime malgré tout que la France contribue au rejet de 80.000 tonnes de plastiques dans la nature chaque année, dont plus de 10.000 entrent en mer Méditerranée.

Le rapport révèle que les 22 pays de la région génèrent 24 millions de tonnes de déchets plastiques, parmi lesquels 42% sont enfouis, 14% incinérés et 16% seulement sont recyclés.

L'ONG internationale World Wildlife Fund (WWF) a publié ce vendredi un rapport pour alerter sur les centaines de milliers de tonnes de déchets plastiques rejetés annuellement en mer Méditerranée par 22 pays.

Entièrement consacré à la Méditerranée, il pointe du doigt les quelque 600 000 tonnes de plastique qui finissent chaque année dans les eaux de l'ancien berceau de la civilisation occidentale.

"La mer Méditerranée sombre sous un torrent de plastique ", alerte le Fonds mondial pour la nature (WWF). De fait, la concentration de débris est particulièrement élevée près de Marseille, de Nice et de la Corse, des zones à forte intensité touristique et de loisirs. En raison de systèmes de collecte plus performants que ses voisins, la France parvient à collecter l'essentiel de ses déchets et à limiter les rejets dans la nature. Le reste se retrouve soit sur les côtés (21%), soit dans les fonds marins (11%), ces plastiques détériorent d'autant plus les écosystèmes.

Vu tous ces chiffres, difficile d'être vraiment optimiste malgré la promesse d'Emmanuel Macron de parvenir à 100% de plastique réutilisable d'ici 2025. "Tout le monde parle du recyclage, mais nous ne connaissons pas bien les conditions de la recyclabilité", explique-t-elle. Selon elle, le président devrait plutôt dire que la France va diminuer sa consommation de plastique d'un certain pourcentage.

En attendant, Isabelle Autissier rappelle l'importance qu'"on collecte les déchets à la source, sur terre, dans les rivières" afin d'éviter que ces derniers ne se retrouvent dans la mer qu'"on ne va pas peigner".

La navigatrice ne croit pas en revanche aux solutions promettant de ramasser les plastiques dans les océans où ils atterrissent: "On ne va pas peigner la mer".

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