Theresa May s'efface et passe le Brexit à son successeur

08 Juin, 2019, 16:04 | Auteur: Lynn Cook
  • La Première ministre britannique Theresa May lors de l'annonce de sa démission le 24 mai 2019 à LondresPlus

La plupart des chefs d'Etat et de gouvernement européens sont disposés à octroyer au Royaume-Uni un nouveau report du Brexit peu importe l'identité du successeur de Theresa May, rapporte vendredi The Times.

Theresa May démissionne officiellement ce vendredi de la tête de son parti, mais restera Première ministre jusqu'à la désignation de son successeur à la tête du parti. "Elle a essayé de faire de son mieux, mais elle n'a pas forcément rendu service au pays", estime un Britannique interrogé par France 2.

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Elle fixe en outre des lignes rouges - sortie de l'union douanière et du marché unique - sur lesquelles elle devra ensuite revenir, notamment en acceptant le "backstop".

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Ce dispositif de dernier recours qui prévoit le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière pour éviter une frontière physique entre la République d'Irlande (membre de l'UE), et la province britannique d'Irlande du Nord, a été la cause d'une grande partie de l'opposition des députés à l'accord. En près de trois ans, Theresa May s'est également aliénée aussi bien les eurosceptiques que les europhiles du Parti conservateur.

La dirigeante avait convoqué en juin 2017, trois ans avant la date prévue, des élections législatives censées la renforcer pour faire passer son projet de Brexit, confortée par des sondages lui promettant une victoire éclatante. Des atermoiements que les Britanniques ont lourdement sanctionnés dans les urnes, reléguant à la 5e place le parti tory lors des élections européennes du 23 mai.Usée par le Brexit, mais aussi par les complots et critiques incessantes dont elle a fait l'objet au sein de son parti, profondément divisé sur la question, Theresa May avait annoncé le 24 mai sa démission lors d'une allocution devant le 10, Downing Street.Au bord des larmes, la voix brisée, elle avait précipité la fin de son intervention pour se réfugier dans ses bureaux, masquant ainsi l'émotion qui la submergeait.

Malgré son revers aux législatives, Theresa May ne juge pas utile d'impliquer les autres partis politiques britanniques au moment de lancer les négociations avec Bruxelles, handicapant dès le départ ses chances de voir un accord adopté. Il aura fallu attendre le troisième rejet, fin mars, du texte conclu avec l'UE pour qu'elle entame des pourparlers avec les travaillistes de Jeremy Corbyn.

Le processus de succession de Theresa May, qui quittera officiellement vendredi son poste au 10 Downing Street, doit débuter la semaine prochaine.

Le ministre a dit qu'il revenait à ses collègues conservateurs de "décider maintenant s'(il devrait) être chef".

Son côté "technicienne" semblait, au départ, rassurer des Britanniques déboussolés par la sortie de l'UE.

"Brexit signifie Brexit", répète-t-elle pendant les premiers mois de son mandat, un refrain censé incarner sa détermination à mener à bien la sortie de l'UE mais qui finit par sonner creux.

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