Le bilan de la répression passe à 108 morts depuis lundi — Soudan

08 Juin, 2019, 23:07 | Auteur: Lynn Cook
  • La communauté internationale y compris Ryad un allié des généraux soudanais a appelé à la reprise du dialogue

Malgré le déploiement massif d'hommes en uniformes et de véhicules des RSF, la contestation a appelé les Soudanais à se rendre dans la rue et dans les mosquées pour prier à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de ramadan, malgré une décision des autorités de fixer à mercredi la date de cette fête.

Jeudi, les principales artères de la capitale étaient ouvertes, avec un déploiement important des Forces de soutien rapide (RSF), des paramilitaires rattachés aux services de sécurité.

Ryad, 5 juin 2019 (AFP) - L'Arabie saoudite a dit suivre avec "beaucoup d'inquiétude" la situation au Soudan et souligné l'importance d'une "reprise du dialogue entre les différentes forces politiques", dans un communiqué officiel publié mercredi, au surlendemain de la dispersion sanglante d'un sit-in de manifestants à Khartoum.

Cette organisation avait toutefois indiqué mardi que le nombre réel des morts était " plus important", seuls les corps recueillis dans les hôpitaux pouvant être comptabilisés selon elle.

L'ex-président Omar el-Béchir a été renversé le 11 avril par l'armée au bout de quatre mois d'un soulèvement populaire inédit déclenché par le triplement du prix du pain dans un contexte de crise économique et de mesures d'austérité.

La circulation dans les rues de Khartoum apparaît plus importante que ces derniers jours, avec quelques voitures, bus et minibus. Il a affirmé que la contestation continuera "d'utiliser tous les outils non violents et la désobéissance civile" contre les généraux. "Nous appelons à un transfert du pouvoir négocié vers un gouvernement civil comme il est exigé par le peuple soudanais", ont dit les trois pays.

Devant la presse, Omar al-Digeir a réclamé la "reconnaissance" par le pouvoir des violences pendant l'évacuation du sit-in, une "commission d'enquête internationale" et la "libération des personnes arrêtées".

Mais lundi, des militaires sont intervenues pour expulser les manifestants de la place. Mais "en ordonnant les attaques, le Conseil militaire a mis en péril le processus de transition et de paix au Soudan", ont dénoncé Washington, Londres et Oslo.

A Bahri, dans la banlieue nord de Khartoum, les deux rues principales ont été ouvertes, mais des manifestants ont coupé des petites routes reliant le quartier aux secteurs voisins.

Hier, le conseil de l'ONU s'est réuni en urgence pour plancher sur les violences au Soudan.

Ce dernier a réfuté tout usage de la "force", évoquant une "opération de nettoyage" à proximité du rassemblement qui aurait mal tourné.

Le général Burhane vient d'effectuer une tournée en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et en Egypte, trois pays qui souhaitent "maintenir le statu quo autoritaire et tentent systématiquement d'appuyer les anciens régimes et leurs armées", selon le chercheur Karim Bitar, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Pour la SPA, le discours du général Burhane ne fera que "raviver la flamme de la révolution". "Ni le Conseil putschiste, ni ses milices, ni ses dirigeants, ne peuvent décider du sort du peuple et de la manière de gérer la transition vers un pouvoir civil".

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