Les réquisitions "ne sauraient être une solution", affirme l'Ordre — "Crise" des urgences

06 Juin, 2019, 13:41 | Auteur: Jonathan Ford
  • Agnès Buzyn est

La crise des urgences hospitalières dure depuis trois mois et ne cesse de s'amplifier.

De semaines en semaines, la mobilisation des urgentistes, débutée le 18 mars à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, continue à s'étendre.

Alors que la colère des services d'urgences se propage et à la veille d'une manifestation des personnels paramédicaux prévue ce jeudi à Paris, le gouvernement se met à jouer les mots doux.

L'association Samu-Urgences de France avait appelé à un débrayage symbolique de 5 minutes le 28 mai dernier.

Si ce soulèvement s'est cristallisé autour de revendications classiques d'augmentations des salaires et des effectifs, il révèle également un "malaise profond et général " estime François Braun, chef de service au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France. Cela représente près du quart des établissements dotés d'une structure d'urgence.

Grèves, réquisitions, arrêts maladie en guise de protestation...

Il y quelques jours faute de personnel soignant suffisant, des réquisitions préfectorales ont été effectuées notamment dans le Jura, à Lons-le-Saunier. L'agence pointe dans un communiqué "un absentéisme soudain, appelle à la déontologie médicale et au sens des responsabilités".

A Paris aussi, une quinzaine d'infirmiers et d'aides-soignants de l'équipe de nuit des urgences de Lariboisière se sont fait porter pâle et ne se sont pas présentés dans la nuit de lundi à mardi. Un moyen "d'envoyer un signal fort" pour faire comprendre que "les équipes sont épuisées", explique Hugo Huon, infirmier dans ce même hôpital, et membre du collectif Inter-Urgences.

" On ne peut pas faire mieux avec moins ", affirme Patrick Pelloux, emblématique président de l'Amuf, qui juge nécessaire un débat au Parlement sur les urgences. "Je pense que ce n'est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres", avait-elle réagi. Une manifestation nationale est prévue jeudi 6 juin à Paris, dans l'après-midi, après la venue d'Agnès Buzyn au congrès des urgentistes. "Je ne jette la pierre à personne " a-t-elle ajouté, un signe d'empathie adressé à ces urgentistes qui se sont mis dernièrement en arrêts maladie pour protester.La loi Santé 2022 examinée au SénatDans la foulée de cette déclaration, les services de la ministre de la Santé sortaient à leur tour la carte diplomatique. Mercredi, l'Ordre des médecins a réclamé une concertation d'urgence pour prendre enfin les décisions ministérielles qui ne sauraient être plus longtemps différées. "Une réponse durable" doit être apportée à la "souffrance" des professionnels de santé "face aux conditions de travail actuelles". Le cortège s'élancera de la Gare Montparnasse pour aller en direction du ministère de la Santé.

Recommande: