Embouteillages sur l’Everest, cinq décès d’alpinistes en deux jours

24 Mai, 2019, 18:06 | Auteur: Lynn Cook
  • La libéralisation de l'ascension par les autorités népalaises dans les années 1990 a encouragé des expéditions commerciales et multiplié les alpinistes sur les parois

Ce vendredi, " trois nouveaux alpinistes ont péri sur l'Everest ", a annoncé à l'AFP Mira Acharya, porte-parole du département du tourisme du Népal, déclarant cinq décès en deux jours. Des photos impressionnantes montraient ces derniers jours une longue file d'alpinistes emmitouflés piétinant en crampons les uns derrière les autres sur l'arête menant au sommet. Le 23 mai Élisabeth Revol est devenue la première alpiniste française - et la neuvième femme de l'histoire de l'Himalaya - à atteindre le toit du monde sans oxygène, a annoncé son sponsor. Toutes les expéditions lancent donc l'assaut final les mêmes jours. À cette altitude extrême au dessus de 8.000 mètres, l'oxygène se fait plus rare dans l'atmosphère et les sportifs doivent généralement recourir à des bouteilles d'oxygène pour parvenir au bout de leur ascension.

Cet embouteillage au sommet a été fatal à deux alpinistes âgés de 55 ans: un Américain et une Indienne.

L'Indienne Kalpana Das, 52 ans, avait atteint jeudi après-midi la cime mais elle est morte tandis qu'elle descendait. L'organisateur de l'expédition d'Anjali Kulkrani, Arun Trek, en est convaincu: l'encombrement au sommet est responsable du drame, la descente ayant été retardée. "Elle ne pouvait descendre seule et est morte pendant que les guides Sherpas la descendaient". Entre fin avril et fin mai, la météo offre une fenêtre de tir propice à l' escalade du sommet en raison de conditions moins extrêmes.

La semaine précédente, un alpiniste indien, Ravi Thakar, 28 ans, est mort durant son ascension et un alpiniste irlandais de la même expédition, Seamus Lawless, 39 ans, est présumé mort après avoir glissé et être tombé dans une zone située à 8.300 m d'altitude.

Plus de 200 alpinistes ont profité mercredi du temps clair pour grimper, depuis le Népal et la Chine, sur le plus haut sommet du monde qui culmine à 8848 m. Mais les équipes ont dû attendre leur tour pendant des heures au risque d'attraper des engelures et le mal d'altitude. "Des guides sherpas l'ont ramené au camp 4 mais il a rendu son dernier souffle là-bas", a relaté Keshav Paudel de l'agence Peak Promotion.

Cinq personnes avaient perdu la vie l'année dernière sur l'Everest.

La libéralisation de l'ascension par les autorités népalaises dans les années 1990 a encouragé le développement d'expéditions commerciales et multiplié les alpinistes sur les parois.

Cette année, le Népal a émis pour la saison de printemps le nombre record de 381 permis, au prix unitaire de 11 000 dollars, selon les dernières données disponibles, faisant naître des craintes d'embouteillages sur la route du sommet. En comptant la présence (obligatoire) d'un guide par alpiniste, ils seront donc environ 750 à s'élancer sur la même voie en l'espace de quelques semaines.

Au moins 140 autres ont reçu des permis pour escalader l'Everest depuis le flanc nord au Tibet. Au total, le nombre d'alpinistes sur l'Everest pourrait cette année dépasser le record atteint l'an dernier qui avait vu 807 personnes atteindre le sommet.

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