Autriche: démission de tous les ministres d'extrême droite après une vidéo compromettante

23 Mai, 2019, 00:32 | Auteur: Lynn Cook
  • Autriche piégé par une vidéo compromettante le vice-chancelier d'extrême droite démissionne

Les sociaux-démocrates et le parti d'extrême droite FPÖ n'ont pas exclu de la soutenir, ce qui leur permettrait de constituer une majorité pour faire tomber le chef du gouvernement avant les législatives anticipées prévues en septembre.

La coalition gouvernementale droite-extrême droite a vécu en Autriche, à quelques jours des élections européennes, avec le départ lundi de tous les ministres FPÖ, emportés par une sulfureuse vidéo où le leader nationaliste Heinz-Christian Strache était disposé à se compromettre avec la Russie. Ces ministres avaient prévenu qu'ils démissionneraient si le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl, membre du FPÖ, était poussé vers la sortie par le chancelier Sebastian Kurz, qui a souhaité son départ lundi en fin d'après-midi. "Il est clair que M. Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même", a ainsi expliqué le jeune chancelier conservateur.

"J'ai proposé au président de la République de démettre le ministre de l'Intérieur (Herbert Kickl) ", a annoncé Sebastian Kurz lors d'une conférence de presse, trois jours après la diffusion d'une vidéo où le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, se disait prêt à accepter des financements russes. Le FPÖ détient encore les cinq portefeuilles de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Défense, des Transports et Infrastructures, du Travail et de la Santé.

Pour Niki Fellner, rédacteur en chef du tabloïd Österreich, M. Strache a terni l'image de l'Autriche: " De l'Allemagne à la Hongrie, on nous voit désormais comme une république bananière ". Il évoquait également un système de financement illégal du FPÖ, un parti qu'il dirigeait depuis 2005, dans ce document révélé vendredi par des médias allemands, mais dont l'origine n'a pas été établie.

Pamela Rendi-Wagner, la dirigeante des Sociaux-démocrates, deuxième parti au Parlement, a estimé pour sa part que si des technocrates remplacent les ministres FPÖ, l'ensemble des ministres devraient démissionner pour laisser la place à un gouvernement qui expédiera les affaires courantes jusqu'aux élections.

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