Deux salariés licenciés pour refus de travailler le dimanche — Ille-et-Vilaine

22 Mai, 2019, 01:21 | Auteur: Aubrey Nash
  • Saint-Malo: deux salariés de Cora licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche Google Street View

Les deux ont refusé de travailler le dimanche et ont été licenciés par l'enseigne. Lorsqu'on lui annonce que "le dimanche, c'est obligatoire, c'est comme ça", elle répond systématiquement qu'elle ne s'y pliera pas.

Cora a entamé une procédure pour faute grave contre elle et un collègue, au rayon crémerie depuis huit ans et qui a aussi refusé de sacrifier son dimanche alors que leur contrat de travail ne les y oblige pas. Ils comptent attaquer leur patron, raconte Europe 1 ce mardi.

Alors qu'elle aurait pu faire appel au volontariat, la direction de l'enseigne n'a pas laissé le choix à ses salariés, selon le récit de l'employée licenciée: "Le directeur dit que c'est la loi Macron et que vu la conjoncture actuelle, c'est son gagne-pain. C'est ça ou la porte directement". Elle n'a pas cillé et a simplement rétorqué: "Non, je ne le ferai pas". "Faute grave? Je lui ai dit qu'il fallait mieux, carrément, que je vole!"

"Dégoûtée et en colère". "18 ans qu'elle fait bien son travail, qu'on ne lui fait aucun reproche et on la licencie pour un dimanche", s'insurge Cyril Lechevestrier, délégué syndical central adjoint CFTC chez Cora.

Un coup dur pour Christelle: "Je ne pensais pas qu'il m'aurait virée comme ça au bout de dix-huit ans de boîte". Ok pour le volontariat, mais on ne doit pas forcer les gens à travailler le dimanche. Se faire jeter comme une malpropre.

Dans les faits, l'hypermarché n'a été ouvert que quelques dimanches dans l'année. "Au vu de ces éléments, je me vois contraint de vous notifier votre licenciement immédiat pour faute grave". "Ça me sidère, ça me met hors de moi".

Le changement d'horaires de l'hypermarché impliquait que les employés viennent travailler six dimanches matin par an.

"Du côté de l'inspection du travail de Saint-Malo, interrogée par Europe 1, on estime que " l'accord du salarié peut être nécessaire lorsque les nouveaux horaires ou la nouvelle répartition des horaires constituent une modification du contrat de travail ". La station de radio précise que les deux employés ont décidé de poursuivre la direction de l'hypermarché devant le conseil des prud'hommes pour licenciement sans cause réelle ni sérieuse.

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