Macron ne veut pas s'"immiscer" dans la décision sur Vincent Lambert

21 Mai, 2019, 00:53 | Auteur: Jonathan Ford
  • Vincent Lambert rassemblement devant le CHU contre l'arrêt programmé des traitements

Ils entendent en effet contraindre la France à appliquer les "mesures conservatoires " d'un organisme de l'ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui lui a demandé de surseoir à l'arrêt des soins, dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond, qu'il mènerait.

Leurs avocats ont aussi annoncé, ce dimanche, ainsi que l'a indiqué Le Figaro, que le couple déposera trois recours ce lundi.

"C'est une honte, un scandale absolu, ils n'ont même pas pu embrasser leur fils", a réagi Me Jean Paillot, avocat des parents, opposés à l'interruption des traitements, après l'annonce de l'équipe médicale d'interrompre les soins.

Le 11 mai, l'avocat de Rachel Lambert, épouse de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, indiquait que le médecin de ce dernier avait l'intention d'interrompre les soins à ce quadragénaire hospitalisé à Reims, dans la semaine du 20 mai.

L'arrêt des soins a commencé ce lundi pour Vincent Lambert, un patient en état végétatif depuis plus de dix ans, devenu le symbole du débat passionnel en France sur "l'acharnement thérapeutique", mais ses parents ont lancé une énième procédure judiciaire, poursuivant ainsi une bataille de six ans devant les tribunaux.

"Comme l'a clairement rappelé le Conseil d'Etat, il ne faut en aucun cas tirer des enseignements généraux de la situation de M. Vincent Lambert sur l'ensemble des patients cérébro-lésés", ajoute la Sfap, qui associe des professionnels de santé et des bénévoles.

En revanche, le neveu de Vincent Lambert, François, dénonce le "sadisme pur" de cette décision. Selon lui, Vincent Lambert "n'est pas en fin de vie, il est nourri et hydraté". "Ils avaient organisé, dimanche, un rassemblement pour dénoncer une " euthanasie déguisée ". On nous refait le coup tout le temps.

Sur RTL lundi matin, Me Paillot a précisé avoir saisi dans ce sens le Conseil d'État, la Cour européenne des droits de l'homme et "être sur le point de saisir la cour d'appel de Paris ".

Les médecins en charge de Vincent Lambert au CHU de Reims ont débuté l'arrêt des soins ce lundi, selon des sources concordantes.

Samedi, la Conférence des évêques était également intervenue dans le dossier Lambert pour s'interroger sur la "précipitation pour le conduire vers la mort".

Le patient, ancien infirmier, n'a pas laissé de directives anticipées mais son épouse et son neveu affirment qu'il avait pris position contre tout acharnement thérapeutique.

Et le chef d'Etat de conclure, en raison de l'encadrement légal: "Je n'ai pas à m'immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert".

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