La justice ordonne la reprise des soins de Vincent Lambert

21 Mai, 2019, 07:20 | Auteur: Jonathan Ford
  • Affaire Vincent Lambert quels ultimes recours vont déposer les parents

Le Dr Sanchez, chef de service des soins palliatifs de l'hôpital Sébastopol de Reims, a annoncé ce lundi 20 mai, avoir initié le processus d'arrêt des soins qui maintenaient Vincent Lambert en vie.

L'arrêt des soins a commencé ce lundi pour Vincent Lambert, un patient en état végétatif depuis plus de dix ans, devenu le symbole du débat passionnel en France sur "l'acharnement thérapeutique", mais ses parents ont lancé une énième procédure judiciaire, poursuivant ainsi une bataille de six ans devant les tribunaux. "C'est une honte, un scandale absolu, ils n'ont même pas pu embrasser leur fils, a renchéri un de ses avocats". "Elle aurait pu abandonner depuis bien longtemps et elle a toujours été courageuse depuis le début pour que la volonté de son mari puisse être enfin respectée par les tribunaux, mais aussi par le médecin qui a pris cette décision lundi matin", détaille son avocat, Me Laurent Pettiti. La quatrième depuis 2013. Ils entendent contraindre la France à appliquer les " mesures conservatoires " d'un organisme de l'Onu, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui lui a demandé de surseoir à l'arrêt des soins, dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond. "Il a quand même le dessus sur certaines décisions de justice", a-t-il dit.

Ils mettent en avant notamment le dernier rapport d'experts mandatés par la justice, rendu fin 2018. "Il n'a rien à faire au CHU de Reims", a réagi pour sa part sur Twitter la psychologue Marie de Hennezel, spécialiste de l'accompagnement de la fin de vie.

"S'il s'évertue à violer les mesures provisoires qui sont obligatoires comme l'a rappelé le Défenseur des droits et qui ont été rappelées deux fois par l'ONU, il sera seul à devoir assumer la responsabilité de cette violation", a en tout cas tonné auprès de l'AFP Jérôme Triomphe.

Les parents, qui dénoncent une euthanasie déguisée, ont participé dimanche à une manifestation devant l'établissement où est hospitalisé leur fils.

"Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort?", s'est aussi étonnée la Conférence des évêques.

"La décision d'arrêter les soins a été prise au terme d'un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale" et "en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d'obstination déraisonnable", poursuit le président de la République sur Facebook, soulignant ne pas vouloir s'"immiscer dans la décision de soin et de droit".

"Il n'y a aucune vie indigne d'être vécue", a déclaré la tête de liste LR aux européennes François-Xavier Bellamy, en considérant également qu'Emmanuel Macron devait "donner son sentiment" sur le sujet.

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