La garde à vue de l'anesthésiste soupçonné d'empoisonnement prolongée — Besançon

16 Mai, 2019, 00:06 | Auteur: Lynn Cook
  • Le docteur Frédéric Péchier soupçonné d'avoir empoisonné sept patients âgés de 37 à 53 ans entre 2008 et 2017 lors d'opérations sans difficultés particulières dans deux cliniques privées de Besançon

Un médecin-anesthésiste de Besançon a-t-il joué les "pompier-pyromane" avec ses patients en les intoxiquant volontairement avant de les ranimer?

Voici ce que l'on sait de cette affaire qui pourrait prendre une tout autre dimension.

Déjà mis en examen pour sept cas d'empoisonnement de patients, le docteur Frédéric Péchier a été placé en garde à vue, ce mardi. Ce mercredi, le suspect était toujours auditionné par les enquêteurs de la Police Judiciaire.

En mars 2017, mis en examen pour les sept premiers empoisonnements, ce praticien réputé avait été laissé en liberté en dépit des lourdes charges qui pesaient sur lui. Lui clame son innocence, mais la question hante de nombreux patients ou leurs familles qui espèrent une réponse après la garde à vue du médecin, prolongée de 24 heures mercredi.

La justice s'intéresse à une cinquantaine d'incidents médicaux Les enquêteurs ont étudié pendant de longs mois cette cinquantaine d'évènements indésirables graves (EIG) survenus dans des cliniques de Besançon où a exercé l'anesthésiste.

Selon la Haute autorité de santé, un événement indésirable grave est un événement inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie du patient dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou encore la survenue probable d'un déficit fonctionnel. Les professionnels de santé ont l'obligation de les signaler aux autorités. Cette garde à vue s'inscrit dans le cadre d'une enquête préliminaire sur de nouveaux "faits d'empoisonnements potentiels qui ont fait l'objet d'un plus de deux ans d'investigations", a-t-on précisé de même source.

Dans la première "affaire Péchier", les sept cas d'empoisonnement identifiés étaient ceux de patients âgés de 37 à 53 ans qui avaient subi, entre 2008 et 2017, des interventions chirurgicales ne présentant pas de difficultés particulières. Ceux-ci avaient fait des arrêts cardiaques, deux étant décédés et cinq ayant pu être ranimés.

L'enquête a établi que des doses potentiellement létales de potassium et d'anesthésiques leur ont été administrées volontairement, provoquant les arrêts cardiaques. "Il n'a jamais été impliqué dans un acte criminel", a déclaré Me Randall Schwerdorffer, qui rejette également le nombre de 50 cas avancé par la police. Les soupçons des enquêteurs se sont portés sur cet anesthésiste qui exerçait dans les deux établissements où les incidents se sont produits. S'il n'était pas en charge de ces patients, il avait été appelé pour en secourir certains, posant dans certains cas le bon diagnostic pour ranimer ces malades. L'anesthésiste aurait pour cela modifié les poches d'injection de ses confrères responsables des patients, dans le but de provoquer ces fameux EIG.

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