Glyphosate : le rapport qui pourrait tout remettre en question

15 Mai, 2019, 10:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Les producteurs de céréales comme le maïs réclament un accompagnement financier pour sortir du glyphosate. AFP

Interrogé par le quotidien toulousain, le sénateur UDI de Haute-Garonne Pierre Médevielle, co-rapporteur de l'étude parlementaire, remet ainsi en cause la cancérogénicité du glyphosate: "Je serai parmi les premiers à réclamer son interdiction dès que les preuves scientifiques de sa nocivité seront apportées".

Un rapport sénatorial à paraître estime qu'aucune étude ne "prouve le caractère cancérogène du glyphosate", et que cette crainte relève de la "névrose française".

Le sénateur a travaillé sur l'herbicide dans le cadre l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

"Je déplore cette maladresse", a-t-il ajouté. Un nouveau rapport sera rendu au Sénat ce jeudi 16 mai, et il jette un pavé dans la mare: il va totalement à l'encontre des mises en garde de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur cet herbicide mondialement utilisé.

"Il n'appartient d'ailleurs pas à l'OPECST de formuler une vérité scientifique officielle ou de procéder par lui-même à des travaux de recherche", ont souligné dans un communiqué lundi les responsables de l'Office, Gérard Longuet et Cédric Villani.

Au micro de RTL, José Bové a lui dénoncé "un enfumage de Monsanto", une véritable opération. Une conclusion "hâtive " selon ses collègues qui suscite la polémique.

Fin 2017, les Etats membres de l'Union européenne ont renouvelé pour cinq ans la licence du glyphosate.

Bayer a annoncé dimanche avoir chargé un cabinet juridique extérieur d'enquêter sur la constitution par Monsanto d'un fichier de personnalités en France en fonction de leurs positions sur les pesticides. Il y a des pratiques hautement contestables de Monsanto à l'égard du glyphosate.

Des personnalités dont les noms sont cités comme figurant dans le fichier ont annoncé vendredi leur intention de porter plainte. Ce dernier s'est exprimé ce week-end dans La Dépêche. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) en ont fait autant lundi.

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