Pro ou anti glyphosate : des personnalités fichées par Monsanto en France

13 Mai, 2019, 10:40 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le groupe américain Monsanto aurait secrètement fiché

Lamberts en a été averti par le quotidien Le Monde qui, avec la chaîne France 2, révèle l'existence de ce fichage. "Foodwatch va donc porter plainte auprès du procureur de la République du tribunal de grande instance de Paris", indique l'association dans un communiqué, dénonçant "une utilisation frauduleuse de nos données personnelles".

Le géant américain Monsanto, filiale depuis l'an dernier du groupe pharmaceutique allemand Bayer, aurait secrètement fait réaliser des listes par l'agence de communication Fleishman Hillard. "Le devoir d'informer en toute indépendance est au cœur de nos missions de service public".

Le Monde, Le Parisien et Radio France ont indiqué qu'ils allaient saisir la CNIL ou engager des procédures en justice après la révélation que des personnalités, dont plusieurs de leurs journalistes, auraient été fichées par Monsanto en fonction de leur position sur le glyphosate.

La règlementation "impose d'informer les personnes dès lors que leurs données sont collectées", et celles-ci doivent avoir "la possibilité d'exercer leurs droits", notamment l'effacement de ces données, rappelle-t-elle.

Dans un bref communiqué remis à l'AFP, Fleishman Hillard a assuré "respecter les lois en vigueur" et "les plus hauts standards éthiques de conduite".

Cette enquête est ouverte, à la suite d'une plainte déposée par Le Monde, pour "traitement automatisé de données personnelles sans déclaration préalable à la CNIL, collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite, enregistrement de données à caractère personnel sensible sans l'accord de l'intéressé et transfert illicite de données à caractère personnel", a-t-il précisé.

L'ancienne ministre de l'Environnement Ségolène Royal, qui figure sur ces listes, s'est aussi indignée: "ça en dit long sur les méthodes des lobbyistes, (.) ils font de l'espionnage, de l'infiltration, de l'influence, parfois financière j'imagine". De la même manière, les accusations lancées de façon souvent violentes par certains journalistes contre ceux qui ne partagent pas leur détestation et leur hantise du glyphosate (certains n'hésitent pas à lancer des enquêtes traquant les liens d'intérêt supposés de leurs confrères qui seraient pour eux la seule raison de ne pas avoir une peur panique du glyphosate) pourraient redoubler si ceux qu'ils dénigrent avaient le malheur de figurer dans une "mauvaise" case du fichier Monsanto.

Le directeur général de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) Roger Genet, qui figurerait également dans ces fichiers, estime qu'il s'agit d'une "pratique scandaleuse", a-t-on appris auprès de l'Anses. La crédibilité, l'influence et la capacité de soutien à Monsanto des personnes mentionnées sont évaluées sur six thématiques (agriculture, environnement, nutrition, OGM, pesticides et santé).Aux côtés de 91 journalistes, catégorie la plus représentée, on trouve notamment 28 cadres de syndicats agricoles, 25 politiques et 15.

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