Le médecin va arrêter ses traitements dans 10 jours — Affaire Vincent Lambert

12 Mai, 2019, 00:20 | Auteur: Jonathan Ford
  • Le 24 avril dernier le Conseil d'Etat avait validé la décision médicale d'interrompre les traitements de Vincent

Les traitements de Vincent Lambert, tétraplégique et dans un état végétatif depuis onze ans maintenant, vont être arrêtés la semaine du 20 mai.

Le sort de cet ancien infirmier psychiatrique devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, divise depuis des années sa famille, entre d'un côté ses parents, proches des milieux catholiques traditionalistes, un demi-frère et l'une de ses sœurs, qui refusent l'arrêt des soins, et de l'autre son épouse, cinq de ses frères et soeurs et un neveu qui veulent qu'on le laisse mourir, conformément à ce qu'étaient, selon eux, ses valeurs. Ainsi, "je vous informe que l'arrêt des traitements et la sédation profonde et continue évoquée lors de la procédure collégiale seront initiés au cours de la semaine du 20 mai", a-t-il ajouté. À 42 ans, Vincent Lambert est plongé dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008. "Nous sommes en train de rédiger un certain nombre de recours complémentaires parce que l'annonce du Dr Vincent Sanchez (le médecin de Vincent Lambert au CHU de Reims, NDLR) se fait en violation délibérée des engagements internationaux de la France et du droit international", a déclaré sur Franceinfo l'un de leurs avocats, Me Jérôme Triomphe. Les décisions sur un arrêt des soins n'ont jamais été mises en œuvre, freinées par de multiples imbroglios et recours juridiques successifs.

En juin 2015, la Cour européenne des droits de l'Homme s'était elle-même prononcée pour un arrêt des traitements.

Par trois fois déjà, les médecins ont engagé le protocole de fin de vie, estimant que son état relevait de "l'obstination déraisonnable " prévue par Loi Leonetti.

Dernier rebondissement dans l'affaire Vincent Lambert?

La CEDH a rejeté cette requête, mais le CIDPH a demandé à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins, dans l'attente d'une instruction sur le fond. Si cette décision était exécutée, "Vincent Lambert mourrait en quelques jours (.) et le docteur Sanchez pourrait remettre à Viviane Lambert un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain", ont-ils affirmé.

Recommande: