France: un Brexit sans accord reste possible

13 Avril, 2019, 09:46 | Auteur: Aubrey Nash
  • J-2 avant le Brexit l’Europe est-elle prête à accorder un nouveau délai au Royaume-Uni

Mais si le Conseil européen a ainsi temporairement évité le saut dans l'inconnu que représente le no deal, à Theresa May revient encore et toujours la tâche d'obtenir l'approbation, par les parlementaires britanniques, de l'accord de retrait ou d'une alternative satisfaisante pour les deux parties. Les Européens se sont finalement accordés sur la date du 31 octobre, à la veille du renouvellement de la Commission européenne.

De plus, en échange du report du Brexit, les Vingt-Sept ont prévu une série de "garanties" qui devront être respectées par les Britanniques. Le Royaume-Uni "peut encore ratifier l'accord de retrait, auquel cas il sera mis fin à la prolongation", a précisé Donald Tusk, président du Conseil européen.

C'est ce que Theresa May préférerait. A l'issue d'un sommet tendu à Bruxelles, le Royaume-Uni a obtenu "une extension flexible" du Brexit jusqu'au 31 octobre, dans le cadre d'un accord conclu dans la nuit de mercredi à jeudi écartant provisoirement le spectre d'une séparation brutale.

Or ce traité contient une disposition en particulier que rejettent les partisans d'un Brexit dur au sein du Parti conservateur, ainsi que le petit parti nord-irlandais DUP, allié de Mme May au Parlement. Il s'agit de "respecter le vote britannique" en faveur d'une sortie de l'Union européenne, et "de ne pas entraver le bon fonctionnement de l'UE", a-t-il affirmé.

"Si le Royaume-Uni est encore membre de l'UE entre le 23 et le 26 mai 2019 et qu'il n'a pas ratifié l'accord de retrait d'ici au 22 mai 2019, il sera tenu de procéder aux élections au Parlement européen conformément au droit de l'UE", ont souligné les leaders européens, notant que si Londres "ne respecte pas cette obligation, le retrait interviendra le 1er juin 2019". Sans les Britanniques, "l'Union serait aujourd'hui beaucoup plus loin, beaucoup plus forte, beaucoup plus unie", veut croire Dominique Strauss-Kahn.

En conséquence de l'extension de l'article 50, la participation du Royaume-Uni aux élections européennes gagne très fortement en probabilité. Les 27, réunis en sommet mercredi 10 avril, proposent la date du 31 octobre, avec un point d'étape en juin, selon des diplomates cités par l'AFP et Reuters.

"Il appartient aux Britanniques de décider d'organiser ou non des élections européennes: s'ils n'en organisent pas, ils quitteront l'Union européenne le 1er juin, sinon ils quitteront le Parlement européen lorsque le Royaume-Uni sortira", explique la secrétaire d'État Amélie de Montchalin.

Theresa May a justifié sa demande de report par l'ouverture de discussions "sérieuses et constructives" entre son gouvernement et l'opposition travailliste.

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