Un Président africain démissionne de son poste — Afrique

12 Avril, 2019, 01:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Media playback is unsupported on your device                  Contre el-Béchir au Soudan une révolte au féminin

Des milliers de Soudanais étaient rassemblés dans la nuit de mercredi à jeudi devant le QG de l'armée à Khartoum, pour la cinquième nuit consécutive, afin de réclamer que le président Omar el-Béchir quitte le pouvoir.

Le ministre a également confirmé la dissolution du gouvernement et a annoncé la mise en place d'un conseil militaire voué à diriger le pays pendant deux ans.

"Le président a démissionné, selon l'agence Reuters qui cite plusieurs sources gouvernementales et provinciale".

Depuis samedi, des milliers de manifestants réclamaient sans discontinuer, devant le QG de l'armée, le soutien des militaires. Un Haut conseil de transition des Forces armées serait en discussion ainsi que la question de savoir qui présiderait cette instance.

Les forces armées soudanaises vont diffuser une déclaration importante très rapidement après avoir quadrillé les zones stratégiques de Khartoum, la capitale du Soudan.

Les habitants descendus dans la rue se prennent dans les bras, brandissent des drapeaux soudanais et échangent des friandises, d'après la même source.

Selon les observateurs, l'ampleur et la détermination des rassemblements de ces derniers jours sont inédites en trente ans de règne d'Omar el-Béchir et devraient faire basculer les choses dans ce pays. Les manifestations les plus récentes ont en effet commencé en décembre dernier, quand la situation économique s'est dégradée, avec en point d'orgue un sit-in de près d'une semaine devant le quartier général de l'armée.

"Reste à savoir combien de temps l'armée restera fidèle à Béchir", remarque Murithi Mutiga, du centre de réflexion International Crisis Group spécialisé dans la question des conflits.

" Les gens arrivent en masse ", a rapporté jeudi matin un témoin présent sur le lieu du rassemblement. Nous avons eu assez de ce régime. Une vidéo, obtenue depuis Paris par l'AFP, montre les services de sécurité tenter lundi de disperser les manifestants, avant de battre en retraite après des coups de feu de l'armée. Nous avons eu assez de ce régime. "C'est assez", a-t-il poursuivi.

Des unités militaires avaient pris position sur les ponts du Nil et des véhicules blindés, dont des tanks, avaient été stationnés sur les grandes artères de la capitale soudanaise. Dans la matinée, un raid a été mené par des soldats soudanais dans les locaux d'un groupe lié au Parti du congrès national (NCP) du président, le Mouvement islamique. Mais, mercredi soir, ce rassemblement a été reporté sine die.

Peu avant l'annonce du ministre de la Défense, le puissant service de renseignement (NISS), fer de lance de la répression des manifestations, avait fait état de la libération de tous les prisonniers politiques du pays, selon l'agence officielle Suna.

2013: manifestations contre la hausse du prix du carburant: des dizaines de morts officiellement, plus de 200 selon Amnesty.

Les contestataires ont appelé l'armée à rejoindre leur mouvement né en décembre mais qui a connu un net regain de mobilisation samedi. Mardi, la police a annoncé avoir ordonné à ses forces de ne pas intervenir contre les contestataires. Elle a aussi dit vouloir l'union du "peuple soudanais (.) pour un accord qui soutiendrait un transfert pacifique du pouvoir".

A travers le pays, des milliers de Soudanais ont appelé au départ de M. Béchir. Le président avait tenté de réprimer la contestation par la force, puis avait instauré, le 22 février, l'état d'urgence à l'échelle nationale.

Mercredi matin, les manifestants tentaient de réunir des fonds pour assurer eau et nourriture à la foule restée devant le QG de l'armée, alors que la température dépasse les 40 degrés à l'ombre en journée à Khartoum.

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