Peine de mort : les chiffres les plus bas de la décennie

12 Avril, 2019, 08:14 | Auteur: Lynn Cook
  • Un membre d'Amnesty International tient une pancarte lors d'une manifestation devant l'ambassade turque à Bruxelles le 15 juin 2017

En un an, l'ONG a constaté un recul de 31% des exécutions capitales.

Derrière la Chine, les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l'Iran (253), l'Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l'Irak (52). Au Pakistan, ce chiffre a baissé d'environ un tiers; en Somalie, il a été divisé par deux. Mais il n'est rien comparé aux "milliers d'exécutions" qui auraient eu lieu en Chine; les données classées secret d'État empêchent toute comptabilité précise.

L'année 2018 a été celle où le moins d'exécutions ont été enregistrées au cours de la dernière décennie, révèle l'ONG Amnesty International dans son rapport intitulé "La peine de mort en 2018 - faits et chiffres", publié ce mercredi.

Le Burkina Faso a ainsi adopté un nouveau code pénal excluant la peine de mort, tandis que la Gambie et la Malaisie ont déclaré un moratoire officiel sur les exécutions. Aux Etats-Unis, la loi relative à la peine maximale dans l'Etat de Washington a été déclarée inconstitutionnelle, la Cour suprême jugeant qu'elle y était "pratiquée de manière arbitraire et basée sur des préjugés raciaux". Ces quatre derniers pays représentent ensemble près de quatre cinquièmes (78%) des exécutions recensées dans le monde.

"La chute du nombre d'exécutions à l'échelle mondiale prouve que même les pays apparemment les plus rétifs amorcent un changement et réalisent que la peine de mort n'est pas la solution", avance Kumi Naidoo, secrétaire général d'Amnesty International. À la fin 2018, 106 pays avaient aboli la peine de mort dans leur législation et 142 ne l'appliquent plus en pratique. Le premier est passé de 4 à 15 exécutions par pendaison, dont 13 concernaient les hommes impliqués dans l'attaque mortelle au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, suscitant l'effroi dans le camp abolitionniste. Par exemple, elles ont été multipliées par quatre en Irak (271 condamnations à mort en 2018), et ont augmenté de 75% en Egypte (717). Si le nombre d'exécutions à travers le monde a diminué, plusieurs pays ont exécuté plus en 2018 qu'en 2017: les Etats-Unis, le Japon, le Soudan du Sud, Singapour et la Biélorussie, seul pays européen à encore appliquer la peine capitale.

À noter: la baisse du nombre d'exécutions aux États-Unis avant 2017 s'explique "en partie parce que des actions en justice avaient entraîné la révision des protocoles d'injection létale ou parce que les États avaient rencontré des problèmes pour se procurer les substances utilisées pour l'injection létale", précise le rapport d'Amnesty.

Recommande: