Un nouveau sommet décisif à Bruxelles — Brexit

10 Avril, 2019, 18:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Reuters

Initialement prévu le 29 mars, le divorce a déjà été repoussé à vendredi.

Dans un communiqué publié mercredi, le Parlement européen demanque que si l'UE accorde une nouvelle prolongation, celle-ci soit "encadrée de manière à respecter le principe de coopération sincère et à ne permettre en aucun cas la réouverture de l'accord de retrait ou l'ouverture de négociations sur les relations futures".

Le président du Conseil européen Donald Tusk en Égypte, le 24 février. Mais faute d'avoir pu faire adopter par les députés britanniques l'accord de divorce qu'elle a négocié avec Bruxelles, Theresa May veut réclamer un second ajournement du Brexit, jusqu'au 30 juin.

Les dirigeants de l'Union européenne se réunissent ce soir à 18h à Bruxelles, lors d'un sommet extraordinaire sur le Brexit, pour écouter les demandes de la Première ministre britannique Theresa May sur un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE.

"Selon le président du Conseil européen, instance représentant les États membres, " cette flexibilité permettrait de mettre fin automatiquement à la prolongation dès que les deux parties auront ratifié l'accord de retrait ".

L'occasion pour lui de rappeler que " le 'no deal' ne sera jamais la décision de l'UE, ce sera toujours la responsabilité du Royaume-Uni de nous dire ce qu'il veut ".

A la tête du camp des partisans d'une plus grande fermeté, la France, si elle n'est "pas opposée" à un report du Brexit, estime en effet qu'un délai d'un an serait "trop long". Dimanche 7 avril, en s'adressant aux Britanniques dans une vidéo d'un peu plus de deux minutes, Theresa May, assise sur un canapé du château de Chequers, la résidence de campagne des premiers ministres britanniques, déclarait que parvenir à un accord dans les discussions sur le Brexit entre le gouvernement et l'opposition nécessiterait " des compromis des deux côtés ".

Les discussions avec l'opposition travailliste pour tenter de sortir de l'impasse sur le Brexit reprendront après le sommet européen de mercredi, a annoncé mardi le gouvernement britannique.

"La France sera très ferme" et "plus la période (d'extension) sera longue, plus les garanties devront être sérieuses" afin de "ne pas mettre en danger le fonctionnement de l'UE", selon l'Elysée.

Conséquence immédiate qui va apparaître surréaliste pour les Britanniques, explique Le Parisien: des élections européennes devraient être organisées le 26 mai au Royaume-Uni comme dans le reste de l'Union pour élire le même nombre de députés européens d'outre-Manche qu'avant, soit 73. Si le Royaume-Uni se prépare désormais au scrutin européen, il espère toujours quitter l'UE avec un accord avant le 22 mai "pour ne pas avoir besoin de participer" à ces élections, qui seraient alors annulées, a assuré un porte-parole du gouvernement. Prônée par le Labour, elle empêcherait Londres de mener une politique commerciale indépendante après le Brexit.

Pour éviter un "no deal", scénario redouté des milieux économiques, la Chambre des Lords, chambre haute du Parlement, a entériné lundi soir un projet de loi des députés visant à obliger légalement la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit.

"Il y aura sans doute une extension mais de quelle durée et à quelles conditions?", a résumé mercredi un diplomate européen. Les députés voteront sur cette motion et pourront émettre des propositions quant à la durée du report.

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