Ce qu'il faut retenir de l'allocution d'Edouard Philippe — Grand débat

10 Avril, 2019, 15:57 | Auteur: Aubrey Nash
  • Grand débat l’acte II d’Édouard Philippe face aux députés

Après avoir présenté le mode d'emploi de ce débat lundi 14 janvier, Emmanuel Macron a lancé le débat le lendemain dans la petite ville de Grand-Bourtheroulde (Eure) pour le début d'une grande tournée des maires censée promouvoir ce moment de "débat national" car le chef de l'Etat entend s'appuyer sur les maires pour l'organisation, localement, de ces débats. Un peu moins de trois mois après son ouverture, le grand débat national s'est achevé lundi à Paris par un compte rendu des principaux enseignements de cette consultation inédite, dernière étape avant qu'Emmanuel Macron n'annonce de premières décisions à la mi-avril.

" Nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait pire qu'une erreur, ce serait une faute".

Après le grand débat, des "grands chantiers ": Edouard Philippe a promis mardi 9 avril 2019 devant l'Assemblée nationale des réponses au "puissant besoin de transformation " exprimé et au "mur de défiance " séparant les Français de leurs élus. "Nous devons baisser, et baisser plus vite les impôts ", a déclaré le Premier ministre. M. Philippe a rappelé sur ce point que parmi les millions de mots évoqués lors de ces consultations, certains comme "l'isolement, l'abandon, l'indifférence, le manque d'attention, de considération reviennent avec régularité". En matière d'environnement, les Français "ne veulent plus que des taxes leur dictent ce qu'ils doivent faire", a-t-il noté. C'est-à-dire une nouvelle démocratie participative. Les Français n'ont pas une tolérance fiscale zéro: ils ont une tolérance privilèges zéro! ", a critiqué son collègue Eric Coquerel, réclamant de nouveau la suppression de l'ISF".

Selon les documents de synthèse consultés par l'AFP, la baisse des impôts revient sans surprise comme une des principales suggestions qui émergent du grand débat, et le souhait d'une plus grande justice fiscale se traduit par des soutiens notables au rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), au renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et à l'idée " que tout le monde paie l'impôt".

Censé guider la "mise à jour" du programme présidentiel, le processus aura mobilisé environ 1,5 million de Français via ses différents modes de participation: réunions locales, cahiers de doléances en mairie ou encore questionnaire en ligne. " Il nous a dit qu'on va baisser les impôts, mais qu'on va enlever des services publics". D'autres sujets, comme l'immigration, sont restés en retrait.

Promettant aussi l'avènement d'une "culture de la simplicité" dans l'administration, le chef du gouvernement a livré un autre mea culpa sur les 80 km/h, une mesure sur laquelle il s'était personnellement engagé malgré l'opposition d'une bonne partie des élus locaux et de l'opinion: "Je voulais sauver des vies, on m'a accusé de vouloir remplir les caisses". "Nous ne serons pas d'accord sur tout, c'est normal, c'est la démocratie, a prévenu le chef de l'Etat".

Au final, les décisions " puissantes et concrètes " reviendront à Emmanuel Macron, a confirmé le premier ministre.

"D'autant que les remontées du grand débat sont parfois vagues, contradictoires ou orientées par les questions posées, et n'ont jamais eu la prétention d'une solidité scientifique".

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