Fatou Bensouda indésirable aux USA — CPI

09 Avril, 2019, 08:50 | Auteur: Lynn Cook
  • CPI: Fatou Bensouda interdite de visa par les États-Unis

La procureure de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda ne se laissera pas intimider par les Etats-Unis. Son visa américain a été révoqué quelques jours après qu'elle ait annoncé qu'une enquête pourrait être sur les exactions des soldats américains en Afghanistan.

Afin de stopper toutes enquêtes, les Etats-Unis révoquent le visa de la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda.

Mme Bensouda avait annoncé en 2017 qu'elle allait demander aux juges l'autorisation d'ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis dans le cadre du conflit afghan, notamment par l'armée américaine. Son visa d'entrée dans ce pays a été annulé par les autorités américaines qui ont donné l'information au bureau de cette procureur rendue célèbre en Afrique pour les poursuites qu'elle dirigeait contre le Président Laurent Gbagbo.

Il faut préciser qu'en mars dernier, le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, avait annoncé la mesure de restriction. "M. Eboe-Osuji a exhorté les États-Unis à " se joindre à ses plus proches alliés et amis à la table du Statut de Rome " et à soutenir la Cour " dont les valeurs et les objectifs sont tout à fait compatibles avec les meilleurs instincts de l'Amérique et ses valeurs ". Elle siège à La Haye et est régie par le Statut de Rome, un traité entré en vigueur le 1er juillet 2002 et ratifié depuis par 123 pays. Le procureur de la CPI peut déclencher ses propres enquêtes sans permission des juges à la condition qu'elles impliquent au moins un pays membre - c'est le cas de l'Afghanistan.

Les experts des droits de l'homme des Nations Unies ont qualifié cette réaction d '"ingérence indue" dans les travaux du tribunal permanent chargé des crimes de guerre dans le monde.

Les Etats-Unis ont toujours refusé d'adhérer à la CPI, estimant qu'elle représentait un danger pour leur souveraineté nationale, et que le système américain a de son côté des procédures solides pour sanctionner une éventuelle mauvaise conduite de ses troupes. L'administration Trump a poussé à l'extrême la défiance à l'égard de la CPI.

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