L'Académie de médecine s'est prononcée officiellement contre l'homéopathie

30 Mars, 2019, 09:08 | Auteur: Jonathan Ford
  • Pas de démonstration d’un service médical rendu suffisant: les sages de la médecine et de la pharmacie se prononcent contre le remboursement de l’homéopathie et contre la délivrance d’un diplôme de médecin homéopathe

Dans un communiqué commun publié mardi, les sages de l'Académie de médecine et de l'Académie de pharmacie signalent leur défiance vis-à-vis de l'homéopathie, dont elles réclament notamment la fin du remboursement par la Sécurité sociale. Et parmi les Français qui croient aux bienfaits des "médecines alternatives et complémentaires", 72% se disent convaincus par l'homéopathie, qui arrive ainsi en troisième position derrière l'ostéopathie et l'acupuncture.

"Pas de démonstration d'un service médical rendu suffisant: "les " sages " de la médecine et de la pharmacie se prononcent contre le remboursement de l'homéopathie et contre la délivrance d'un diplôme de " médecin homéopathe ". Aucune preuve scientifique n'a pu à ce jour être apportée faisant la preuve de son efficacité. Cela peut s'expliquer, selon les Académies, "par la connaissance insuffisante et/ou la sous-estimation de l'effet placebo avec attente, seule explication possible, mais aussi suffisante, des effets de l'homéopathie en l'état actuel de la science", a estimé Dr. Daniel Bontoux, rapporteur du communiqué. Des " données sociétales que l'ANM et l'ANP ne peuvent ignorer ".

Comme le précise Le Figaro, c'est la première fois que les pharmaciens joignent leurs voix à celle des médecins pour prendre officiellement position sur l'homéopathie. La raison? L'effet placebo est reconnu et semble applicable à cette méthode.

Les Académies admettent toutefois qu'il " n'est pas contraire à l'éthique ni aux bonnes pratiques d'user de préparations homéopathiques, dans les situations où l'emploi d'une thérapie complémentaire est souhaitée ".

" Que le médecin soit conscient qu'il use d'un placebo avec attente".

Dans leur rapport, les académies rappellent que cette méthode thérapeuthique a été introduite par Samuel Hahnemann à la fin du XVIII e siècle et qu'elle se fonde sur deux hypothèses: " celle des similitudes (soigner le mal par le mal) et celle des hautes dilutions".

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