Les pharmaciens autorisés à délivrer certains médicaments sans ordonnance

25 Mars, 2019, 13:53 | Auteur: Jonathan Ford
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Et ce dans la prise en charge de pathologies "aiguës du quotidien ", exprime l'Ordre des pharmaciens, mais bénignes comme la conjonctivite, la cystite ou l'angine.

Les pharmaciens auront le droit de prescrire des médicaments habituellement délivrés sur ordonnance, dans la prise en charge de pathologies bénignes. Avec cet amendement de la loi Santé voté jeudi par les députés, les pharmaciens pourront donc les livrer directement aux patients qui viennent dans leur officine. La Haute-Autorité de Santé devra rendre sa décision définitive dans le courant de l'année 2019.

Mais le corps des pharmaciens salue d'ores et déjà cet élargissement de leurs compétences, associé à une amélioration de l'accès aux soins et à un moyen de pallier la problématique des déserts médicaux. "Je vais m'employer à trouver un consensus entre pharmaciens et médecins, car nous n'avons pas pu, faute de temps, avoir une concertation sur le sujet", a promis la ministre pour qui le projet nécessite "encore du travail pour que tout le monde soit confortable avec cette délivrance de médicaments".

Le député communiste Jean-Paul Lecoq réclame le retrait du texte, "nous craignons que la médecine de droit commun ne soit réservée aux mieux lotis, ceux qui habitent dans les bons endroits, tandis que les citoyens relégués n'auront droit qu'à une médecine dérogatoire", a-t-il dénoncé. "Les pharmaciens sont des acteurs de santé à part entière", mais "la prescription sans acte médical pose question", a par exemple estimé le député Jean-Pierre Door (LR).

"Il n'est pas question ici de donner un droit de prescription aux pharmaciens", a immédiatement prévenu Thomas Mesnier (LREM), rapporteur du projet de loi Santé en cours d'examen à l'Assemblée, à l'origine de cette proposition.

Enfin, un amendement donne également la possibilité aux sages-femmes de prescrire et vacciner les enfants dans des conditions définies ultérieurement par décret.

Le taux de couverture vaccinale de la France est un des plus bas d'Europe, inférieur à 20 % de la population cible, or l'étendre permettrait notamment de protéger les personnes les plus vulnérables comme les nourrissons ou les personnes âgées. Un arrêté fixera les vaccins autorisés.

C'était prévu dans le cadre des débats sur la loi Santé.

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