Dernière chance de Theresa May pour faire voter son accord — Brexit

24 Mars, 2019, 10:22 | Auteur: Lynn Cook
  • Brexit: report accepté sous conditions

Dans ce cas, ils ont seulement jusqu'au 12 avril pour décider ce qu'ils font.

Le gouvernement espagnol a, pour sa part, tenu à souligner que le but de la décision du Conseil européen est de "donner le maximum de possibilités pour que l'accord de retrait soit ratifié", et donc qu'une sortie ordonnée soit permise.

La Première ministre britannique Theresa May, attendue vendredi à Londres après avoir obtenu de l'Union européenne un report du Brexit, affronte à nouveau le défi de convaincre son parlement d'adopter son accord de retrait de l'UE, et ce dès la semaine prochaine.

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens avaient prévu de valider un report au 22 mai, soit à la veille des élections européennes, et d'organiser si nécessaire de nouvelles discussions la semaine prochaine, après le vote à la Chambre des communes.

La Première ministre britannique a accepté jeudi soir ce nouveau calendrier proposé par le Conseil européen. Certains dirigeants ont senti que Theresa May elle-même ne croyait pas qu'elle y parviendrait.

"J'espère passionnément que les députés soutiendront l'accord que j'ai négocié avec l'UE", a déclaré Mme May mercredi soir après s'être entretenue avec des membres de l'opposition, assurant que le report du Brexit était pour elle "un grand regret personnel".

La devise britannique a baissé après que la Première ministre a annoncé avoir demandé un report du Brexit du 29 mars au 30 juin, puis a creusé ses pertes après qu'un document interne de la Commission européenne a pointé les "graves risques juridiques et politiques" d'un tel report.

La situation se complique encore du fait que les Brexiters purs et durs se félicitent de la perspective très rapprochée d'une sortie sans accord, le 12 avril.

"Lors de sa propre conférence de presse, Theresa May avait insisté sur le fait que le Royaume-Uni ne devrait pas participer aux élections européennes".

Hier, Emmanuel Macron en marge du sommet européen a prévenu: "Nous nous sommes préparés à une sortie sans accord".

Si les dirigeants des 27 "approuvent mes recommandations et qu'il y a un vote positif à la Chambre des Communes la semaine prochaine, nous pouvons finaliser et formaliser la décision sur l'extension dans une procédure écrite" ultérieurement, a dit M. Tusk, qui n'a toutefois pas exclu la nécessité d'un nouveau sommet "la semaine prochaine".

Mais les Européens redoutent aussi qu'une prolongation du feuilleton du Brexit ne vienne polluer les projets du bloc, à commencer par les élections européennes de la fin mai. Elle a tenté jeudi, tant bien que mal, d'adoucir son propos. "Ils ont aussi un travail difficile", a-t-elle déclaré, sans aller jusqu'à s'excuser. "Évidemment, le plan à deux options a été conçu après avoir écouté May", a confié une autre source européenne. Aussi, le destin du Brexit s'approche de plus en plus vers une sortie sans accord, et ce par manque de temps. "Il appartient aux Britanniques de lever les ambiguïtés qui sont les leurs, nous, nous n'en avons pas", a-t-il ajouté.

Les dirigeants européens se sont dit prêts à accorder un nouveau délai au Brexit, qui devait avoir lieu le 29 mars, mais ont fixé une série de conditions au Royaume-Uni. "Je pense même que beaucoup de responsables britanniques jouaient sur la division de l'Europe, mais l'Europe est unie sur ses fondamentaux".

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