Brexit : nouveau revers pour Theresa May

20 Mars, 2019, 11:51 | Auteur: Lynn Cook
  • BREXIT MAY VA DEMANDER UNE PROLONGATION BRÈVE DE L'ARTICLE 50

La Première ministre, elle, souhaitait le représenter aux élus avant mercredi 20 mars, après avoir convaincu un maximum de récalcitrants. "Nous traversons une crise constitutionnelle majeure", a estimé Robert Buckland, conseiller juridique du gouvernement.

"La Daily Mail n'est pas tendre non plus avec John Bercow, le traitant de " moulin à paroles despotiques" quand le Times le traite de " vandale surexcité " accusé par le gouvernement de " saboter le Brexit " et l'accord de divorce de Theresa May.

Mais le président de la Chambre des communes s'appuie sur une convention parlementaire datant du XVIIe siècle, et jamais utilisée depuis 1912.

"Si le gouvernement veut présenter une nouvelle proposition qui n'est pas la même ou substantiellement la même alors tout est en ordre", a souligné le speaker de la Chambre. Membre du parti conservateur il était favorable au maintien dans l'Union européenne. "Si le Royaume-Uni présente une demande d'extension, ce ne peut être accepté qu'en cas d'accord majoritaire" à Londres sur une "nouveauté sérieuse" qui préservera les intérêts de l'UE, a précisé l'Elysée.

La Première ministre britannique Theresa May va adresser mercredi un courrier à ses partenaires européens pour demander une brève prolongation de l'Article 50 du Traité européen afin de parvenir au Brexit, rapportent la BBC et la chaîne de télévision Sky. Son organe étant aussi puissant que ses cravates sont aveuglantes, le Speaker de la Chambre des Communes, autrement dit son président, est l'homme de la situation dans un parlement en plein effervescence. "Un +no deal+ (sortie sans accord, ndlr) est mieux que l'accord de Mme May, mais l'accord de Mme May est mieux que de ne pas quitter" l'UE.

Theresa May devrait demander jeudi un report du Brexit lors du Sommet européen.

La demande d'une courte prolongation a pour but de permettre au Royaume-Uni de ne pas participer aux prochaines élections européennes du mois de mai.

Matthew Elliott, chef de file des Brexiters lors de la campagne référendaire de 2016, a de son côté parié que l'Accord de retrait serait adopté.

"Maintenant, le gouvernement va devoir revenir avec des changements substantiels (ce qui est littéralement impossible), sinon cela signifie un report prolongé du Brexit", a commenté Naeem Aslam, analyste chez Think Forex. Les dirigeants européens ont exclu en effet de renégocier l'accord de retrait.

"Les probabilités de voir le Royaume-Uni sortir accidentellement de l'UE ont de nouveau augmenté, parce que l'UE dit avoir besoin d'un plan et d'une stratégie claire avant d'accorder un report (de la date du divorce), a ajouté Aslam".

Et dans ce feuilleton qui n'en finit pas d'aller de rebondissement en rebondissement, John Bercow, qui arborait lundi une éclatante cravate à motifs géométriques multicolores, a prévenu: "Cette ordonnance ne doit pas être considérée comme mon dernier mot sur le sujet".

Recommande: