"Gilets jaunes": sous pression, Macron veut une "réponse de sécurité"

19 Mars, 2019, 23:04 | Auteur: Sue Barrett
  • Un kiosque à journaux incendié sur les Champs Élysées samedi 16 mars 2019

L'acte 18 de la mobilisation des gilets jaunes a été marqué par des scènes d'émeutes, des incendies ont été allumés dans des immeubles, et des commerces pillés et détruits.

La stratégie de la police et la gestion de la crise par l'exécutif sont pointés du doigt. En attendant, le gouvernement n'hésitera pas à prononcer des interdictions de manifester "chaque fois qu'il le faudra", dans les quartiers "les plus touchés", "dès lors que nous aurons connaissance d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser", en citant les Champs-Élysées à Paris, les place du capitole à Toulouse et Pey-Berland à Bordeaux.

Edouard Philippe devait faire "ses propositions d'adaptation au président (.) pour renforcer la doctrine d'emploi des forces de l'ordre" et "s'assurer à tout moment de la fermeté de son exécution", avait indiqué Matignon ce week-end, évoquant une réponse rapide. L'un d'entre eux, Éric Drouet, déclarait par exemple samedi que l'acte XVIII serait sa dernière manifestation et qu'il faudrait à l'avenir miser sur "des blocages plus intelligents". "Mais nous constatons que le déchaînement de violence justifie une réponse ferme. Je l'assume", a-t-il ajouté. Matignon a reconnu dimanche des "dysfonctionnements" du dispositif de sécurité face à une flambée de violence qui renvoie à un niveau de tension connu en décembre, avec le saccage de l'Arc de Triomphe, alors que le mouvement des "gilets jaunes", lancé il y a quatre mois, semblait marquer le pas dans la rue.

D'où l'arsenal de mesures sécuritaires dévoilé ce lundi, qui viendront s'ajouter à la loi anti-casseurs, jugée "liberticide" par l'opposition de gauche, et toujours en attente du feu vert du Conseil constitutionnel. Pour l'une des porte-parole du parti LR, Lydia Guirous, "c'est trop simple et méprisant de s'en prendre aux policiers et au préfet Michel Delpuech qui sont sur le pont depuis 4 mois", a-t-elle estimé sur Twitter. Les huit autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

Emmanuel Macron estime "que la seule réponse possible est une réponse de sécurité" face à cette nouvelle explosion de violence, a commenté l'un des ses proches.

M. Castaner est également attendu devant le Sénat mardi, ainsi que Bruno Le Maire, son homologue pour l'Économie, lequel devra à nouveau répondre le lendemain devant les députés des conséquences économiques.

Une centaine de commerces ont été vandalisés samedi, selon la chambre de commerce de la région parisienne.

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