Le syndicat des gynécologues de France "n'arrêtera pas la pratique des IVG"

17 Mars, 2019, 12:55 | Auteur: Jonathan Ford
  • La ministre de la Santé Agnès Buzyn le 18 décembre 2018 à Paris /AFP

"La secrétaire d'État chargée de l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a elle réagi depuis l'ONU à New York, fustigeant " une manière de faire qui n'est évidemment ni représentante de la France, le pays de Simone Veil, ni représentante des pratiques des gynécologues " qui " partout dans le monde (.) sauvent la vie des femmes en leur permettant d'avoir un accès à la contraception ou de pratiquer des IVG dans de bonnes conditions ". Mais non, cette phrase scandaleuse a bien été prononcée publiquement en 2019, de façon très sérieuse.

A l'origine de ce mail, un ancien président du syndicat et toujours membre du conseil d'administration, Jean Marty.

" Si on ne fait pas des menaces qui inquiètent la société, nous ne sommes pas entendus". Comme l'explique le quotidien Libération, le syndicat réclame que le fonds de garantie des gynécologues couvre les sinistres déclarés entre 2002 et 2012, ce qui n'est actuellement pas le cas.

Aucun! A part que " l'IVG fait partie de notre métier. Si elles s'insurgent, elles contribuent au "coup de com" du syndicat.

À la suite de ces déclarations, le ministère de la Santé a dénoncé "le caractère inadmissible de ces menaces (.) qui vont à l'encontre du respect inconditionnel du droit à l'IVG". Et les internautes aussi se sont naturellement révoltés. "Il est malheureux de constater" que "le seul moyen aujourd'hui de se faire entendre est de générer une fausse polémique sur les réseaux sociaux dont on n'ignore pas l'impact négatif sur l'image" de la profession "et du Syngof", a-t-il déploré. 10 000 personnes se sont déjà mobilisées.

L'Ordre des médecins avait également "fermement" condamné une menace "totalement contraire à la déontologie médicale" et pointé les "conséquences potentiellement dramatiques" d'un passage à l'acte. Le professionnel avait alors déclaré "Nous ne sommes pas là pour retirer des vies", avant d'affirmer que l'IVG était un homicide. Cependant, le président du Syngof, Bertrand de Rochambeau, semble avoir un problème avec l'avortement.

Pour rappel, l'entrave à l'IVG est un délit reconnu par la loi depuis 1993, qui sanctionne le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher une IVG en perturbant l'accès aux établissements ou en exerçant des menaces sur le personnel ou les femmes concernées.

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