Reprise de l'assaut contre l'EI après l'expiration du délai de reddition — Syrie

15 Mars, 2019, 17:40 | Auteur: Lynn Cook
  • De violents combats à l’est de

"Quand nous avons commencé l'opération, nous savions qu'il y avait des civils [à Baghouz], mais pas en si grand nombre", a reconnu la semaine dernière un porte-parole des FDS, Adnane Afrine.

L'exode massif de civils la semaine dernière a surpris les FDS, suggérant la présence possible d'un nombre encore non négligeable de personnes retenues à l'intérieur de ce réduit désertique, au bord du fleuve Euphrate. La défaite des djihadistes signerait la fin territoriale du "califat" et revêt une importance symbolique.

Selon lui, les évacués sont transférés depuis le village de Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, vers un poste des FDS pour subir des fouilles et des interrogatoires.

Environ 400 personnes avaient déjà été évacuées du réduit de l'EI, selon l'alliance arabo-kurde.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d'un "califat " sur de larges pans de territoire à cheval entre la Syrie et l'Irak, l'EI est sur le point d'être rayé de la carte. Depuis décembre, des dizaines de milliers de civils ont fui mais quelques centaines de terroristes demeurent.

"La nuit, les avions de la coalition visent tout mouvement, et en conséquence, les capitulations ont lieu le matin. On interrompt nos tirs totalement pour qu'ils se rendent", a-t-il dit.

Les bombardements à l'artillerie et les raids aériens des FDS et de la coalition internationale sont effectués pendant la nuit et interrompus dans la journée pour permettre aux djihadistes et à leurs familles de se rendre.

Un journaliste de l'AFP près de la ligne de front a entendu des avions sillonner à nouveau le ciel, alors que les explosions en cascade retentissaient dans la zone.

Mais les jusqu'au-boutistes s'accrochent et opposent une résistance féroce, se cachant sous terre pour éviter les bombardements et lançant des kamikazes pour stopper la progression des forces antijihadistes.

"Nous avons le moral (.) Nous entrerons en force", a assuré à l'AFP un commandant d'une unité des FDS.

Près de 60.000 personnes ont déjà été évacuées de l'ultime poche jihadiste depuis décembre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Environ 113 personnes, dont les deux tiers sont des enfants de moins de cinq ans, sont décédées sur la route du camp ou peu de temps après leur arrivée, d'après l'organisation onusienne.

L'étau semble se resserrer autour de Baghouz, cette poche encore tenue par le groupe Etat islamique.

"Un financement urgent est nécessaire et des lacunes subsistent au niveau de la livraison d'abris, d'eau (.) et des services de santé", a déploré mardi auprès de l'AFP Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Mais le tarissement du flot d'évacuations et l'"expiration" du délai accordé à l'organisation jihadiste pour la "reddition" de ses combattants avaient permis aux FDS de relancer dimanche soir leurs opérations militaires contre l'ultime poche de l'EI. Le groupe a entamé sa mue en développant notamment des cellules dormantes dans les territoires perdus. Ses combattants sont disséminés dans le désert syrien et parviennent à mener des attentats meurtriers.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 360'000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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