La justice maintient les inculpations de viols contre Tariq Ramadan — Religion

15 Mars, 2019, 00:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Religion La justice maintient les inculpations de viols contre Tariq Ramadan

La demande de levée des deux mises en examen formulée par le quinquagénaire n'a finalement pas eu un écho favorable à la Cour d'appel de Paris.

Mi-janvier déjà, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait examiné, à huis clos, le recours de Tariq Ramadan contre une décision des juges d'instruction: ils avaient refusé l'été dernier de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté, première étape vers le non-lieu qu'il réclame, jugeant cette requête "prématurée". L'islamologue reste donc poursuivi pour deux viols supposés, dont un sur personne vulnérable, qui se seraient produits en 2009 à Lyon et en 2012 à Paris.

En Suisse, Tariq Ramadan est également mis en examen après une plainte pour viol déposée en avril 2018 par une femme d'une cinquantaine d'années surnommée "Brigitte" par la presse. A l'époque, le prédicateur persistait à nier tout rapport physique avec les plaignantes. Il avait seulement fini par admettre des relations extraconjugales avec d'anciennes maîtresses et une troisième plaignante, pour laquelle il n'est pas inculpé.

"M. Ramadan a menti tout au long de cette instruction, sa défense a bluffé et le dossier a parlé".

Mais entre-temps, la donne a changé.

Tariq Ramadan n'avait d'abord admis qu'un "jeu de séduction" à distance, reprochant à la justice française de donner du crédit aux témoignages de ces femmes qu'il traitait de "folles".

En premier lieu, la datation d'un SMS de Christelle où elle écrit que Tariq Ramadan lui a "manqué" dès qu'elle a "passé la porte" est au coeur des débats.

Des messages de Henda Ayari, envoyés après la date des faits, ont également été analysés.

"La décision de la cour d'appel, dont on ne connaît pas encore la motivation, n'efface pas les mensonges démontrés des parties civiles, puisque les investigations ont démontré que les relations qu'elles ont eues avec M. Ramadan étaient voulues et pleinement consenties", a pour sa part réagi auprès l'AFP Me Emmanuel Marsigny, avocat de la défense.

De manière constante depuis leur plainte, en octobre 2017, Henda Ayari et Christelle ont décrit chacune un premier rendez-vous qui a basculé en rapports sexuels brutaux et contraints. Toutes deux ont aussi invoqué l'emprise exercée par l'islamologue, par des mensonges, des manipulations et des menaces, corroborés par des témoignages d'autres femmes.

Celui qui fut longtemps considéré comme une figure aussi influente que controversée de l'islam européen est depuis mi-novembre libre en France, sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire.

Le prédicateur, qui souffre d'une sclérose en plaques, a dû verser une caution préalable de 300 000 euros et remettre son passeport suisse.

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