Des suspects de viol blanchis car la victime était "moche" — Italie

14 Mars, 2019, 19:12 | Auteur: Lynn Cook
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Mais ils ont ensuite été acquittés par la cour d'appel d'Ancône car, selon les juges, l'histoire de cette femme n'était pas assez crédible, elle ressemblait trop à un homme.

Les deux hommes ont été innocentés en appel en 2017, mais le motif de la décision n'a été rendu public que la semaine dernière, après que la plus haute cour de justice en Italie (l'équivalent de notre Cour de cassation) avait ordonné un nouveau procès. "Deux hommes, reconnus coupables de viol en 2015, ont en effet été finalement disculpés parce que les juges ont trouvé que la victime était " trop masculine pour être violée " et donc trop " laide pour susciter l'attraction ". L'initiative a été prise par Rebel Network, un groupe activiste féministe, qui a qualifié la décision des juges d'Ancône "digne du Moyen-Âge".

Selon la victime, l'un des deux hommes l'avait violée après l'avoir droguée pendant que le second surveillait les alentours. Les médecins qui avaient pris en charge la péruvienne avaient d'ailleurs assuré que ses blessures étaient compatibles avec un viol, et que son sang contenait une forte dose de benzodiazépines. "J'en avais la nausée en lisant les raisons de l'acquittement, dont l'aspect physique de la plaignante".

Des éléments qui n'ont manifestement pas suffi à convaincre les magistrates, pour qui les accusés "n'appréciaient pas la jeune femme et avaient même gardé son numéro de téléphone sous le surnom de Viking, une allusion non pas à une figure féminine mais à une figure masculine", ajoutant que "la photographie de son dossier semble confirmer cela".

Mais les juges ont déclaré qu'il n'était "pas possible d'exclure la possibilité que ce soit la victime présumée qui ait organisé la soirée ".

"Le pire, dans cette affaire, c'est le message culturel qui émane de ces trois femmes".

Face aux manifestations de rue, le tribunal de Pérouse a décidé de rejuger cette affaire pour se défendre des accusations de mysoginie. La jeune femme, elle, est rentrée au Pérou, ostracisée par la communauté péruvienne d'Ancône pour avoir porté plainte contre les deux agresseurs présumés.

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