Le procès de Bernard Tapie pour "escroquerie" s'ouvre à Paris

13 Mars, 2019, 05:07 | Auteur: Sue Barrett
  • Au procès Tapie une dédicace et ses

Bernard Tapie devant la justice: combatif, l'homme d'affaires a commencé lundi à être jugé à Paris avec cinq co-prévenus pour "escroquerie" dans l'affaire de l'arbitrage frauduleux de 2008, qui lui avait accordé 403 millions d'euros pour solder un vieux litige avec le Crédit Lyonnais. Au cours de ce nouveau procès, Bernard Tapie a promis de dévoiler des documents "explosifs" à l'audience, visant le Crédit Lyonnais, sa banque historique qu'il accuse de l'avoir spolié.

Avant même le début de l'audience, l'ex-homme d'affaires, qui souffre d'un cancer et s'est présenté au tribunal de Paris comme exerçant la profession d'acteur - ce qu'il a aussi été - a apostrophé des journalistes assis aux premiers rangs du public.

"Appelé par le président Mitterrand" à entrer au gouvernement - il "accepte d'être ministre (de la Ville), un peu guidé par (sa) vanité et (ses) origines" modestes - Bernard Tapie se voit "contraint de vendre" Adidas, une vente qui sera effective en février 1993.

Ils sont tous soupçonnés de "complicité de détournement de fonds publics", pour avoir organisé et permis un arbitrage qu'ils savaient favorable à l'ancien patron de l'Olympique de Marseille.

Nicolas Sarkozy a-t-il accepté cet arbitrage pour remercier Bernard Tapie de l'avoir soutenu pendant la campagne présidentielle?

Cette première journée était consacrée à des questions de procédure et a été marquée par quelques passes d'armes.

Bernard Tapie aurait également fait pression sur ses soutiens à l'Elysée pour obtenir un arbitrage, malgré l'hostilité d'administrations publiques favorables à une résolution judiciaire classique.

La sentence arbitrale avait attribué en juillet 2008 plus de 400 millions d'euros à l'ancien ministre de Pierre Bérégovoy, dont 45 millions au titre de son "préjudice moral".

La sentence arbitrale a, depuis, été annulée pour " fraude " et Bernard Tapie est condamné à rembourser les sommes perçues, qui font, elles aussi, l'objet d'âpres batailles procédurales. Une fois la sentence rendue, il aurait tout fait pour que Bercy n'engage pas de recours.

Mais l'Agent judiciaire de l'Etat et le CDR demandent au tribunal de condamner solidairement les prévenus à payer 525 millions d'euros, c'est-à-dire ces 403 millions augmentés des frais de procédures, honoraires des arbitres et autres intérêts.

L'avenir des sociétés de M. Tapie, dont dépend ce remboursement, est par ailleurs suspendu à une décision du tribunal de commerce de Paris. Une absence de recours qui avait valu une condamnation à Christine Lagarde, fin 2016, pour "négligence ". Mais l'audience, qui devait avoir lieu lundi matin, a été renvoyée en raison de la concomitance avec le procès pénal.

Bernard Tapie accuse, depuis 1994, le Crédit lyonnais de l'avoir lésé dans la revente d'Adidas.

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