Le débat - Brexit : l'ultime carte de Theresa May

13 Mars, 2019, 19:07 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le Palais Brongniart ancien siège de la Bourse de Paris

Ce vote est un cinglant désaveu pour la Première ministre conservatrice Theresa May qui a âprement négocié ce texte de près de 600 pages pendant de longs mois, et pose la question de sa survie à la tête de l'exécutif.

Et maintenant? Les députés voteront mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord, un scénario particulièrement redouté par les milieux économiques. Cette période de transition doit durer par défaut jusqu'au 31 décembre 2020 et elle pourrait être prolongée une seule fois et d'un commun accord, pour une période de "jusqu'à un ou deux ans", soit jusqu'à fin 2022 au maximum. Cette annonce intervient après le rejet massif de l'accord de Brexit par les parlementaires britanniques, ce mardi soir. En cas de rejet de ce nouveau vote, les députés seront à nouveau sollicités ce jeudi pour voter sur un report limité de la date du Brexit.

L'UE a malgré tout fait savoir qu'elle était "prête à considérer" un report de la date du Brexit, si le Royaume-Uni devait en faire une demande "motivée", a déclaré une porte-parole de la Commission européenne.

Quant à lancer des discussions avec Bruxelles pour obtenir de nouveaux changements, la partie semble loin d'être gagnée. "Il n'y aura pas de troisième chance", avait averti lundi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Métaphorique ou non, la quasi-extinction de voix dont a souffert Theresa May toute la journée de mardi symbolisait l'état d'un pays réputé pragmatique mais restant sans voix faute d'avoir su accepter des compromis avec ses voisins.

Son appel n'a pas convaincu.

Cette entrevue de la dernière heure avait permis aux deux dirigeants d'annoncer qu'un accord avait été trouvé pour éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. L'option du " no deal " (sans accord) est réclamée par les partisans d'une rupture nette avec l'Union européenne, qui y voient la promesse d'un Royaume-Uni florissant, capable de nouer des accords commerciaux ambitieux à travers le monde à compter du 29 mars.

Le rejet de l'accord a ravi des europhiles rassemblés devant le Parlement de Westminster et militant pour l'organisation d'un nouveau référendum.

"La solution à l'impasse ne peut être trouvée qu'à Londres", a réagi le 12 mars l'Elysée après le rejet par le Parlement britannique de l'accordde Brexit, à 17 jours de la date prévue de la sortie de l'Union européenne.

"Si on a un prolongement des négociations pendant encore trois ou six mois, cela va un peu plus peser sur l'économie britannique", a estimé Brendan McKennan, analyste de Wells Fargo.

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