Alerte sur le temps de sommeil des Français

13 Mars, 2019, 00:55 | Auteur: Jonathan Ford
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Entre l'attrait des écrans, le bruit, le travail nocturne et les trajets toujours plus longs vers le travail, le temps de sommeil des Français se réduit de manière inquiétante.

En moyenne, les 18-75 ans dorment 6h45 par nuit, rapporte le BEH. Selon Santé publique France, le travail de nuit est directement en cause. Selon une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, nous dormons en moyenne 7 heures et 32 minutes par nuit dans la semaine. Soit 6h34 en semaine ou pendant les périodes de travail et 7h12 le week-end.

Une moyenne se rapprochant dangereusement de la barre des 6 heures (35,9% des sujets de l'enquête), en dessous de laquelle l'on s'expose à une augmentation de la morbidité, du risque d'obésité, du diabète de type 2, ou encore des AVC. Le prix du logement des mégapoles nous oblige à vivre de plus en plus loin de notre lieu de travail; de même "pour les habitants des zones rurales de plus en plus éloignés des centres de vie active et qui conduisent entre deux et trois heures par jour, rentrant de plus en plus tard, partant de plus en plus tôt et grignotant sur leur temps de sommeil".

Cette étude (1) montre aussi que plus d'un quart des Français parvient toutefois à faire la sieste pour compenser cette dette. "Dormir moins de 6 heures réduit aussi la vigilance dans la journée, augmente l'irritabilité et perturbe les relations familiales ainsi que la qualité de vie et de travail" ajoutent-ils en notant que ce "déclin n'est pas une fatalité". "Or, on sait que les travailleurs de nuit dorment en moyenne une heure de moins que les travailleurs de jour".

Dans l'Hexagone, le nombre de travailleurs de nuit habituels et occasionnels est passé de 3,3 millions (15,0 % des actifs) en 1990 à 4,3 millions (16,3 %) en 2013. Les conséquences sanitaires du travail nocturne - davantage de maladies cardiovasculaires, d'accidents et pour les femmes de risques lors de la grossesse et de cancer du sein - ont été confirmées dans un rapport de l'Anses (Agence de sécurité sanitaire et du travail).

"Enfin, le tabagisme s'avère aussi être un facteur important de dégradation du sommeil". "Les fumeurs quotidiens, qu'ils soient peu ou fortement dépendants, sont fréquemment courts dormeurs (temps de sommeil total inférieur ou égal à 6h par 24h)", précise l'étude. En outre, il faut souligner que les fumeurs quotidiens fortement dépendants sont également beaucoup plus sujets à l'insomnie. Ces derniers avancent plusieurs suggestions pour y remédier.

Quand on ne souffre pas d'insomnie, on peut aussi constituer des " réserves " pour affronter des périodes de restriction (travail, examens, voyage). Parmi elles, la promotion de la sieste (20 à 30 minutes) y compris au travail, la prise d'horaires de travail décalés et "adaptés au profil soir-matin des employés", le télétravail ou encore le recul du début des cours pour les lycéens et les étudiants. Sans oublier des règles simples: dormir dans l'obscurité, à une température idéale de 18 degrés, sans sonneries de téléphones portables.

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