Médicament contre la calvitie. Des hommes saisissent la justice

12 Mars, 2019, 20:22 | Auteur: Jonathan Ford
  • Calvitie : des hommes saisissent la justice pour dénoncer les effets secondaires d’un médicament

Comme il contient du finastéride, ce médicament provoque des baisses de libido, des problèmes d'érection ou encore des idées suicidaires. Il bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché européen, et, pour l'heure, l'Union européenne considère que ce médicament a une balance bénéfice-risque favorable, y compris dans le traitement de la calvitie. Les patients précisent que le laboratoire et les autorités de santé ont tardé pour les avertir de ces effets secondaires et de leur caractère irréversible. Une dizaine d'hommes ont décidé de mener une procédure judiciaire pour défaut d'informations, d'après Europe 1.

Prescrit depuis 1999 dans le traitement de la calvitie, le Propecia est également prescrit dans le traitement de l'hypertrophie de la prostate, du cancer de la prostate et de l'hirsutisme.

L'utilisation de finastéride doit être soumise à une Autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne. Mais certains patients ont également alerté sur des effets secondaires psychiatriques, allant de déprimes passagères à des idées suicidaires. C'est donc au niveau de l'Europe, et non de la France, que se fait chaque année la réévaluation du fameux équilibre bénéfices-risques. Selon ces experts, les effets secondaires seraient assez rares.

Créée en 2017, l'association AVFIN (Aide aux victimes du finastéride) regroupe 250 membres en France, mais "les victimes sont beaucoup plus nombreuses", a assuré à l'AFP sa présidente Sylviane Mathieu, dont le fils, à qui du finastéride avait été prescrit, s'est suicidé. "[.] L'ANSM souhaite donc informer les patients et les professionnels de santé que tout changement d'humeur doit conduire à une interruption du traitement et à une surveillance", avait noté l'Agence sanitaire. Ce n'est qu'en février dernier qu'un courrier a été envoyé à tous les médecins prescripteurs.

"Nous considérons que le laboratoire MSD, et les autorités de santé, ont tardé à informer les patients, mais aussi les médecins, des effets indésirables et notamment de leur caractère irréversible" confie à Europe 1, Charles Joseph-Oudin, l'avocat de ceux qui ont lancé la procédure judiciaire contre le laboratoire MSD. Cela ne serait pas suffisant pour les avocats des parties civiles, rendez-vous au tribunal de Nanterre en avril pour la première audience.

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