Brexit : accord trouvé avec l'UE sur des changements "légalement contraignants"

12 Mars, 2019, 06:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Un manifestant anti Brexit devant le Parlement le 16 janvier 2019 à Londres

"Nous avons fait des propositions constructives que j'ai rappelées vendredi", a déclaré lundi matin à l'AFP le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier à son arrivée à une réunion avec des ambassadeurs des 27 à Bruxelles.

Deux nouveaux documents conjoints devaient être produits dans la soirée, tandis qu'à Strasbourg, Jean-Claude Juncker et Theresa May tenaient une conférence de presse conjointe pour annoncer ce compromis, qui contient une nouveauté, en plus de l'ensemble des pistes esquissées au cours des tout derniers jours.

Mis sur la table par les Britanniques, le scénario d'un report du Brexit a été discuté, lundi, à Bruxelles.

"Ce soir à Strasbourg, la Première ministre (Theresa May) a obtenu des changements légalement contraignants qui renforcent et améliorent l'accord de retrait et la déclaration politique", a ainsi déclaré David Lidington.

David Lidington a appelé les députés à voter en faveur de l'accord ainsi "amélioré", lorsqu'il leur sera présenté mardi, affirmant que "ce sera le seul accord sur la table".

"Les discussions avec l'UE sont en cours", a toutefois affirmé lundi un porte-parole de la dirigeante conservatrice.

En l'absence de résultat tangible dans les discussions, les spéculations allaient bon train dans la capitale britannique.

Les Européens estiment avoir été au bout des concessions qu'ils pouvaient faire au gouvernement britannique pour lui permettre de convaincre ses députés d'approuver le traité de retrait.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar est prêt à donner son feu vert aux garanties trouvées lundi dans l'accord sur le Brexit entre le gouvernement britannique et l'Union européenne, a également affirmé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le principal objectif de Theresa May était d'obtenir des garanties sur le "filet de sécurité", ou "backstop", un dispositif de dernier recours visant à éviter le retour d'une frontière physique en Irlande du Nord, afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen, mais dont les "Brexiters" ne veulent pas.

Mais l'offre européenne n'a pas vraiment convaincu côté britannique.

Les députés britanniques doivent voter une seconde fois, mardi, sur l'accord de Brexit conclu entre Theresa May et Bruxelles. Il pourrait aussi aboutir à un report de la sortie.

Si le texte devait effectivement être rejeté, Mme May organisera un vote mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord.

Si les députés refusent cette option, ils voteront jeudi sur une proposition de report "limité" du Brexit, au-delà du 29 mars. Mais les 27 pays de l'UE devront donner leur accord et les dirigeants européens ont prévenu que, pour être accepté, tout report devra être dûment justifié.

Les Européens n'accepteront pas "d'avancer à l'aveugle", leur position sera fonction "de la durée et de la finalité de l'extension demandée", estime un diplomate.

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