L'Europe a-t-elle besoin d'Emmanuel Macron — LE CLUB

11 Mars, 2019, 11:53 | Auteur: Lynn Cook
  • La chancelière allemande Angela Merkel a apporté lundi publiquement son soutien à des propositions de son parti conservateur pour l'Europe qui se démarquent de celles du président français prônant notamment un siège européen unique au Conseil

Pour l'occasion, Emmanuel Macron invente un nouveau triptyque: "liberté, protection, progrès ", qu'il voit comme les piliers d'une Renaissance européenne.

Annegret Kramp-Karrenbauer partage certes le constat de départ d'Emmanuel Macron: il est urgent que l'Europe se dote d'une ligne claire pour pouvoir peser dans les débats mondiaux et protéger son modèle culturel et économique. Dans un texte intitulé "Bien faire l'Europe" et diffusé samedi par Welt am Sonntag, elle prône une Europe "plus forte" dans un monde miné par les replis protectionnistes et nationalistes.

Dans l'optique des élections européennes fin mai, " le président français Emmanuel Macron a adressé un appel aux citoyens de l'Europe il y a quelques jours disant qu'il y avait urgence à agir. "AKK", appelée à lui succéder, a déjà commencé à droitiser le discours du parti d'Angela Merkel dans l'espoir de reconquérir une partie de l'électorat conservateur parti à l'extrême droite en raison du cap centriste de la chancelière.

La présidente de la CDU, proche de Merkel, a répondu à la lettre aux Européens du chef de l'État français. Elle met également en garde contre l'idée d'une mutualisation des dettes honnie par l'Allemagne mais promue par Emmanuel Macron pour le financement de projets d'avenir. "Nous devons nous appuyer de manière conséquente sur un système de subsidiarité et de responsabilités propres", a-t-elle estimé.

La responsable, surnommée AKK, a aussi réclamé pour l'Europe un "siège permanent commun au conseil de sécurité" des Nations Unies, une revendication de longue date de l'Allemagne, alors que la France souhaite garder son siège. "Un programme qui s'inscrit au diapason des annonces d'Emmanuel Macron dans le domaine de la sécurité, mais se distingue dans le domaine social, dans une tribune à paraître dimanche".

Autre proposition qui devrait agacer Paris: la suppression du siège du parlement européen à Strasbourg pour recentrer ses activités à Bruxelles.

"Pire, la France a rarement été aussi isolée et l'accueil glacial de sa tribune n'en est qu'un symptôme supplémentaire", ajoute-t-il.

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