Le fonds norvégien réduit son exposition dans le pétrole

11 Mars, 2019, 12:24 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le fonds souverain norvégien se désengage de certaines compagnies pétrolières

Fin 2018, le fonds possédait pour environ 37 milliards de dollars d'actions dans le secteur pétrolier, avec des participations de poids dans Shell, BP, Total et ExxonMobil notamment.

Si cette proposition est dictée par des considérations financières et non pas environnementales, ce désengagement, même partiel, est aussi perçu comme un coup porté aux énergies fossiles polluantes. En attendant, ce recul est une vrai onde de choc pour le secteur car la Norvège est la plus importante productrice e'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest.

La proposition, qui suit en partie les recommandations de la Banque de Norvège, devrait obtenir le feu vert du Parlement d'Oslo, où la coalition de centre droit au pouvoir dispose d'une majorité. Pétrole et gaz naturel représentent près de la moitié des exportations et 20% des revenus de l'Etat, lesquels vont abonder le fonds souverain où Oslo pioche ensuite pour financer son budget. Pour limiter - un peu - la vulnérabilité des finances publiques à une chute prononcée des cours comme celle observée en 2014, la banque centrale préconisait de cesser de placer cet argent dans des valeurs pétrolières et de vendre les actifs existants.

Comme l'avait fait à l'époque la Banque de Norvège, la ministre a tenu vendredi à préciser que sa proposition "ne reflète aucunement une vue quelconque sur (l'évolution du) prix du pétrole, la rentabilité future du secteur pétro-gazier ou son caractère durable".

Il s'agit incontestablement d'un vrai succès pour ceux qui luttent pour la protection de l'environnement et le changement climatique.

Yossi Cadan, responsable de l'ONG 350.org ajoute dans un communiquéque ce mouvement du fonds " devrait être perçu comme une alerte rouge pour les banques privées et les investisseurs dont les actifs pétroliers et gaziers deviennent de plus en plus risqués et moralement intenables ".

Mais le désengagement de la Norvège dans les énergies fossiles ne se fera pas du jours au lendemains et prendra peut-être quelques années...

Le choix qui sera finalement retenu a d'autant plus d'importance que les placements du fonds norvégien -qui détient l'équivalent de 1,4% de la capitalisation boursière mondiale-, sont scrutés de près par les autres investisseurs.

"Le gouvernement propose d'exclure des entreprises qualifiées de sociétés de prospection et de production du segment énergie du fonds afin de faire baisser le risque pétrolier dans son ensemble sur l'économie norvégienne" précisait le ministre des finances norvégien dans un communiqué.

Dans une initiative retentissante, le fonds s'est déjà retiré du secteur du charbon pour des raisons environnementales mais aussi financières.

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