Pensions de l'Allemagne nazie: la France réclame des explications à Berlin

02 Mars, 2019, 17:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées

En Belgique, ils sont dix-huit, Belges ou Allemands vivant en Belgique, à toucher cette pension de guerre.

En contrepartie, l'Allemagne refuserait de livrer la liste des bénéficiaires.

Seules les personnes touchées par une invalidité et qui n'ont pas été condamnées pour crimes de guerre peuvent bénéficier de ces pensions. Toutefois, grâce à un décret signé à l'époque par Adolf Hitler, ceux placés en détention ont été pourvus d'une pension de retraite équivalent à la durée de leur détention.

Les autorités allemandes versent-elles depuis des décennies des pensions à d'ex-collaborateurs nazis?

En déposant une résolution en ce sens, plus tôt cette semaine, les députés belges ont évoqué " l'injustice subie par les victimes du nazisme, qui ne reçoivent pas d'allocations, alors que les collaborateurs belges perçoivent une pension ". Quant à la suppression de cette pension, versée par les Länder et non par l'Etat fédéral, elle n'est pas à l'ordre du jour, affirme le ministère du Travail et des Affaires sociales allemand.

Selon les données transmises à l'AFP, le Vieux Continent regroupe plus de 1500 de ces bénéficiaires, dont 573 en Pologne uniquement, le pays le plus représenté. Parmi eux, pas de trace d'ancien bourreau, assure l'ambassade allemande à Varsovie, qui garantit que chaque dossier a fait l'objet d'un examen attentif. Le montant total de cette prestation controversée atteint chaque mois 787.740 euros.

"Le gouvernement français, qui " n'avait pas connaissance de cette pension", tente ainsi de connaître les profils réels des bénéficiaires sur son sol". "Et les autorités allemandes nous disent aussi qu'il n'y a pas de cas de collaborateurs volontaires" parmi les bénéficiaires, ajoute-t-elle, en soulignant que "chaque demande est soumise à vérification".

Dans l'attente d'éclaircissements, le malaise grandit. Le chef de file de La France insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon, a déclaré vouloir faire "interdire" en France le versement d'indemnités "pour services rendus à l'occupant nazi".

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