183 blessés vendredi; Bouteflika nomme un directeur de campagne — Algérie

02 Mars, 2019, 21:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Bouteflika le candidat qui promet de partir dans un

Les Algériens retenaient leur souffle mais, en même temps, étaient certains que la marche contre la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat allait être pacifique.

Celui qui avait animé les trois précédentes campagnes victorieuses (2004, 2009, 2014) du candidat Bouteflika, est remplacé par l'actuel ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, indique l'APS, citant "la direction de campagne" du chef de l'État. On ignore les raisons de ce changement à la veille de la date limite des dépôts de candidatures à la présidentielle.

Son remplaçant Abdelghani Zaalane, haut fonctionnaire de 54 ans qui a fait carrière dans l'administration préfectorale, en tant que secrétaire général de wilayas (préfecture) puis de wali (préfet) notamment d'Oran, deuxième ville du pays, est peu connu du grand public.

" Son limogeage pourrait être une première réponse " à la contestation qui agite l'Algérie depuis plus d'une semaine et vise directement M. Bouteflika, " mais ça risque d'être un peu court ", a-t-il estimé.

Aucune disposition légale ne semble cependant obliger un candidat à se présenter en personne au Conseil constitutionnel pour y déposer son dossier.

En déclarant le 10 février sa candidature à la présidentielle, Abdelaziz Bouteflika a mis fin à des mois d'incertitude, mais déclenché une contestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1999.

La télévision nationale algérienne a, pour la première fois depuis le début du mouvement de contestation en Algérie, ouvert vendredi son journal par des images des protestations du jour, mais sans référence au mot d'ordre du refus d'un nouveau mandat du président âgé de 81 ans, qui souffre des séquelles d'un accident vasculaire cérébral (AVC) depuis 2013.

Après les tirs massifs près du Palais du gouvernement à Alger, la foule a massivement reflué plusieurs centaines de mètres plus bas avant de se disperser en grande partie, et seule une petite centaine de manifestants faisaient face à de nombreux policiers anti-émeutes.

Le ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui a rendu visite dans la nuit du 1er mars à des policiers hospitalisés. Selon la police, 56 policiers et sept manifestants ont été blessés durant les heurts à Alger et 45 personnes arrêtées. Tout comme Abderrezak Makri, président et candidat déclaré du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal parti islamiste qui a rompu en 2012 avec l'alliance présidentielle.

L'homme d'affaires Rachid Nekkaz, omniprésent sur les réseaux sociaux, semble ne pas remplir les conditions d'éligibilité. Il dit avoir obtenu la perte de sa nationalité française, mais la loi électorale prévoit qu'un candidat ne doit jamais "avoir possédé une autre nationalité" qu'algérienne.

Recommande: