Des députés veulent légiférer — Antisionisme

21 Février, 2019, 07:09 | Auteur: Lynn Cook
  • Sylvain Maillard

Sylvain Maillard, député La République en marche à Paris et président du groupe d'études de l'Assemblée nationale sur l'antisémitisme, a détaillé, lundi 18 février sur franceinfo, pourquoi il souhaitait pénaliser l'antisionisme avec d'autres députés. MoDem, UDU-Agir et Libertés des territoires. Une unanimité qui a rapidement volé en éclat. Franceinfo vous explique pourquoi. Pénaliser l'antisioniste, "ce serait comme si les communistes demandaient une loi pour réprimer l'anticommunisme ou si les libéraux demandaient une loi pour réprimer l'altermondialisme", selon lui.

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, à l'initiative des rassemblements contre l'antisémitisme prévus ce mardi soir, a fait part lui aussi de ses doutes.

"Ensuite, faut-il pour autant prendre une loi qui pourrait laisser entendre que critiquer la politique d'Israël (.) pourrait être assimilé à un délit?" s'est-il interrogé, redoutant des "problèmes de discussion interminables". À La France insoumise, on revendique le droit de critiquer Israël, sans être taxé d'antisémitisme.

Pour le député Insoumis Eric Coquerel, "c'est non". "On doit pouvoir critiquer la politique de M. Netanyahou, comme on doit pouvoir critiquer une politique de théocratie islamiste sans passer pour un antimusulman ou sans passer pour un antisémite", a-t-il ajouté.

"Je suis réservé, j'appelle à la prudence et surtout à la réflexion très approfondie avant de faire des annonces intempestives", a déclaré sur BFM TV le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

Sur la même ligne, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a considéré que la loi "condamne [déjà] aussi bien l'antisémitisme que l'antisionisme" et il n'y a pas "besoin d'un texte législatif supplémentaire". Il serait toutefois "intéressant d'évaluer la loi Gayssot (de 1990)" pour "adapter l'arsenal". Mais Emmanuel Macron a définitivement enterré le débat avant qu'ils ne rendent leur décision.

Mais du côté du gouvernement, c'est plutôt la réticence, à l'image du président de la République.

"Ceux qui aujourd'hui dans le discours veulent la disparition d'Israël sont ceux qui veulent s'attaquer aux Juifs", a-t-il reconnu.

Le groupe d'études a finalement abandonné l'idée.

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