Le film "Grâce à Dieu" assigné en référé ce lundi

20 Février, 2019, 00:50 | Auteur: Sue Barrett
  • Denis Ménochet

Le réalisateur a également conservé les noms du cardinal Barbarin, archevêque du diocèse de Lyon, et de Régine Maire, ancienne bénévole du diocèse. "Je veux partager ce prix avec les hommes libres qui m'ont inspiré" qui "ont été victimes d'un prêtre pédophile", a-t-il ajouté, ému, "Alexandre, François et Pierre-Emmanuel, vous êtes mes héros".

"Grâce à Dieu" raconte la naissance de l'association de victimes "La Parole Libérée", fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts accusant d'agressions sexuelles le père Bernard Preynat. "Conformément à la loi, on ne peut pas présenter comme coupable quelqu'un qui est poursuivi devant les tribunaux et qui n'a pas encore été jugé coupable", rappelle Maître Mercinier au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1, avant de déplorer que "le tribunal ait considéré que le fait de mettre un carton à la fin du film, disant que le père Preynat bénéficie de la présomption d'innocence, suffisait à réparer l'atteinte que le film causait".

François Ozon s'était dit "zen" mardi matin, affichant sa confiance en la justice.

Le film d'Ozon "Grâce à Dieu", retraçant l'histoire du prêtre Bernard Preynat mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs, est autorisé à sortir en salles le 20 février. Le verdict de ce procès est prévu le 7 mars.

Une décision de justice qui n'empêchera pas la défense de faire appel, comme l'a déclaré à l'AFP Me Frédéric Doyez, avocat du père Preynat: "C'est une question de principe". "Ce film permettra d'une manière ou d'une autre d'influer sur la décision des magistrats", a fait valoir son avocat, Xavier Vahramian, lors de l'audience lundi, en présence de sa cliente, petite femme aux cheveux blancs courts. Mais surtout, une demande de changement de nom à quelques heures de la sortie du film, entraînerait "son report" d'au moins deux à trois semaines, soit "sa mort pure et simple", a-t-il estimé.

Au-delà du compte à rebours sur cette sortie ultra-médiatisée, François Ozon n'en a pas fini avec la justice.

" La décision très bien motivée reconnaît que le film - avec les avertissements qui l'accompagnent - ne justifient pas les mesures demandées qui menaçaient sa sortie". Ses avocats estiment ainsi que le long-métrage va à l'encontre de sa présomption d'innocence. François Ozon a décidé, dans son film Grâce à Dieu, d'écouter et de représenter trois des 85 victimes présumées, interprétées par Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

La deuxième assignation vient de Régine Maire. Une décision sera prise aujourd'hui, à Lyon.

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