Deux ans ferme requis contre le "boxeur" Christophe Dettinger — "Gilets jaunes"

14 Février, 2019, 11:53 | Auteur: Lynn Cook
  • Gilets jaunes : Deux ans ferme requis contre l’ex-boxeur Christophe Dettinger

Il avait obtenu le 9 janvier un délai pour préparer sa défense mais avait été placé en détention provisoire.

"Il pourra continuer à travailler, mais dormira en prison", détaille la présidente du tribunal. Il comparaissait pour avoir frappé deux gendarmes mobiles lors de la manifestation des "gilets jaunes" du 5 janvier à Paris et encourait sept ans pour "violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique". "Ces scènes sont d'une violence inouïe et doivent être sanctionnées", avait déclaré le représentant du ministère public, demandant son "maintien en détention". L'ancien boxeur Christophe Dettinger, 37 ans, a été condamné à trente mois de prison, dont 18 avec sursis, mercredi 13 février, par le tribunal correctionnel de Paris.

"J'ai voulu empêcher une injustice et j'en ai créé une autre", avait raconté pendant son procès Christophe Dettinger, cheveux ras et fine moustache, affirmant regretter une "erreur" qu'il a expliquée par la "violence" subie par les manifestants.

Le premier ministre Édouard Philippe a quant à lui averti mercredi soir qu'il n'était "pas question" d'accorder une amnistie aux "gilets jaunes" condamnés depuis le début du mouvement. "Ma maison, les policiers l'ont saccagée, je n'imagine même pas si j'avais été dedans", a-t-il insisté avant de déclarer: "Mais ma garde à vue s'est très bien passée".

Un débat s'est engagé pour savoir si un des gendarmes avait donné ou non un coup de pied à une femme à terre.

Cette femme de 37 ans a confirmé à la barre que le boxeur avait écarté d'elle ce gendarme. "Je me suis mise en boule. Matraquage matraquage, matraquage. Je vois une dame au sol, une matraque levée, là c'est parti, j'interviens, là, sur ce gendarme", a-t-il déclaré depuis le box. "Oui, madame le président".

Paradoxe, Christophe Dettinger, fonctionnaire municipal, marié et père de trois enfants, dont l'employeur, la commune d'Arpajon (Essonne), a suspendu le traitement, avait fait une demande pour entrer dans la réserve de la gendarmerie. "Ce n'est pas une belle image". Au prévenu, il lancera: "il y a des règles dans la vie". "Cela faisait huit manifs qu'il n'y avait pas de règle", rétorque le prévenu, avant d'ajouter, encore, qu'il regrette. Pourquoi les choses dégénèrent sur cette passerelle surplombant la Seine en marge de l'acte 8 de la contestation sociale? Le "boxeur" répète qu'il n'est pas un "sale gitan, un casseur de flic", mais qu'il a "tapé ceux qui avaient tapé".

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