Les enjeux du procès des indépendantistes catalans

13 Février, 2019, 21:54 | Auteur: Lynn Cook
  • En novembre dernier Carles Puigdemont avait reçu L'Indépendant chez lui dans la banlieue de Bruxelles

"Grand absent, l'ex-président catalan Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique pour échapper aux poursuites, a qualifié ce procès de " mascarade " devant la presse à Berlin et jugé qu'il serait un " test de résistance pour la démocratie espagnole ".

Des peines allant de 7 à 17 ans ont été requises contre les 11 autres accusés, dont l'ancienne présidente du Parlement catalan, plusieurs ministres régionaux et les responsables des puissantes associations indépendantistes ANC et Omnium Cultural.

"Ce n'est pas l'indépendantisme qui est jugé, ce n'est pas le projet politique souverainiste qui est l'objet de ce procès, mais les faits gravissimes qui ont eu lieu en particulier en septembre et octobre 2017", a déclaré le procureur de la Cour suprême Javier Zaragoza. Des centaines de personnes vont y témoigner, dont l'ancien chef de gouvernement conservateur Mariano Rajoy. Les neuf accusés en détention provisoire, incarcérés près de Madrid le temps du procès, ont été transférés vers le tribunal dans des fourgons des forces de l'ordre.

Ils sont poursuivis pour avoir organisé un référendum d'autodétermination et avoir proclamé l'indépendance de cette région d'Espagne.

Y a-t-il eu violence?

Il répondait ainsi aux avocats des prévenus qui avaient invoqué mardi toutes sortes de violations de droits fondamentaux, tel le défenseur de M. Junqueras, Me Andreu Van den Eynde, qui soutenait que cette affaire portait "atteinte à la dissidence politique".

" L'activité politique n'est pas une licence justifiant la mise en œuvre d'actions délictueuses " comme ne pas respecter la décision de la Cour constitutionnelle interdisant le référendum d'autodétermination du 1er octobre 2017, ou utiliser les citoyens comme " des murs humains " pour protéger les urnes et provoquer "un affrontement violent " avec la police, a-t-il ajouté". Ils ont appelé à une manifestation à Barcelone mardi à 19H00.

Les indépendantistes démentent, affirmant que la seule violence a été celle des policiers le jour du référendum, dont les images ont fait le tour du monde.

Il a par ailleurs attaqué les institutions européennes, qui ont soutenu Madrid dans son conflit avec les indépendantistes catalans. En Espagne, la question catalane enflamme toujours autant les esprits.

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid à l'appel de la droite et de l'extrême droite de Vox contre le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez, accusé de "haute trahison" pour avoir dialogué avec les indépendantistes.

"Élément très controversé sur le plan politique, ce procès sera une tribune politique pour Vox, qui, grâce à une particularité du système juridique espagnol, représentera " l'accusation populaire ". Mais les discussions se sont vite transformées en dialogue de sourds avant d'être rompues vendredi.

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