Le tueur de la mosquée de Québec condamné à la perpétuité

11 Février, 2019, 04:40 | Auteur: Sue Barrett
  • Alexandre Bissonnette à son arrivée au palais de justice de Québec

"J'ai été très déçu et surpris, à tel point que j'allais m'évanouir (.) j'aurais aimé que la justice soit rendue pour toutes les victimes", a de son côté déclaré un rescapé de l'attaque, Aymen Derbali. Le meurtrier avait alors écopé d'une peine à vie avec 75 ans de prison ferme sans possibilité de libération conditionnelle.

Jugeant la peine de 150 ans de prison déraisonnable et celle de 25 ans insuffisante, la Cour supérieure, qui a reconnu le caractère terroriste des gestes d'Alexandre Bissonnette bien qu'il n'ait pas été poursuivi pour terrorisme, a finalement statué sur une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 40 ans.

Le verdict tant attendu de la condamnation de l'auteur de l'attentat contre la grande mosquée de Québec, ayant causé six morts début 2017 est enfin prononcé.

Le juge Huot a expliqué en revanche que son passage à l'acte était motivé par des " préjugés portant sur la race " et notamment une " haine viscérale " envers les immigrés de confession musulmane et l'islam en général. Ce "crime mérite la plus grande des dénonciations", a-t-il assuré.

Bissonnette a plaidé coupable de six meurtres prémédités de six pères de famille rassemblés pour la prière au Centre culturel islamique de Québec, le 29 janvier 2017.

"Vous avez tué six de vos semblables, dont le crime était d'être différents de vous", a lancé le magistrat lors de son verdict.

Veste de complet et chemise blanche, Alexandre Bissonnette a écouté à la barre le juge prononcer son verdict, le regard vers le sol.

Le jeune Québécois, ex-étudiant en sciences politiques séduit par les idées nationalistes et suprémacistes, a mené "une attaque préméditée, gratuite, sournoise et meurtrière", a résumé magistrat. Présents parmi les 250 personnes du public, ses parents ont écouté le verdict en essuyant des larmes, tout comme plusieurs amis et proches des victimes, a constaté une journaliste de l'AFP. Les deux parties ont 30 jours pour interjeter appel.

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