Affaire Ligue du LOL : Libération met à pied deux journalistes

11 Février, 2019, 17:23 | Auteur: Lynn Cook

Cette décision a été prise dans le cadre de l'enquête interne toujours activement menée au sein du journal.

Alexandre Hervaud, membre très actif de Twitter, est mis en cause, avec d'autres personnes, dans l'affaire de la "Ligue du LOL", un groupe Facebook privé alimenté notamment par des journalistes, graphistes et publicitaires parisiens accusés de cyberharcèlement.

La polémique autour de la "Ligue du LOL" grimpe, et les premières conséquences apparaissent. Depuis vendredi, plusieurs témoignages ont été publiés sur les réseaux sociaux à la suite de l'article. "A force de lire des saletés sur moi partout sur les réseaux, j'ai été convaincue que je ne valais rien", a-t-elle tweeté.

Le blogueur Matthias Jambon-Puillet a raconté sur le site Medium des insultes anonymes, des "enregistrements sarcastiques", des photomontages dont un pornographique envoyé en son nom à des mineurs. Deux autres membres de la " Ligue du LOL " ont perdu, lundi, un poste. Alexandre Hervaud, chef de service web de Libération, et Vincent Glad ont été mis à pied ce matin " à titre conservatoire " par sa direction, selon France Inter.

"Je m'en excuse auprès de tous ceux qui ont pu se sentir harcelés, mais je ne peux pas assumer moi-même toutes les conneries qu'ont pu faire des gens à l'époque sur Internet", a déclaré le créateur du groupe, Vincent Glad, pigiste à Libération. Parmi les victimes, la vidéaste Florence Porcel a raconté qu'outre un "harcèlement en groupe sur Twitter", et un canular téléphonique humiliant mis en ligne où l'un d'eux se faisait passer pour un recruteur, les harceleurs étaient venus "physiquement" la voir sur son lieu de travail. "Sauf que ces moqueries ont eu un impact dans le réel", a condamné de son côté le secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi, dimanche sur BFMTV.

"Hier après-midi, Alexandre Hervaud a présenté ses excuses sur Twitter".

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité, a rappelé qu'une loi condamnait désormais le cyberharcèlement et évoqué la possibilité d'étudier l'allongement des délais de prescription (remontant à plus de 6 ans, la plupart de ces faits sont prescrits).

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