L'Allemagne porte un coup d'arrêt au monopole de Facebook

10 Février, 2019, 17:56 | Auteur: Lynn Cook
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Rappelons que WhatsApp appartient à Facebook depuis 2014 et Instagram depuis 2012. Mais lier cette data à leur compte Facebook (23 millions d'utilisateurs actifs par jour et 32 millions d'utilisateurs actifs par mois dans le pays) ne sera possible qu'avec leur consentement libre.

Enfin, Facebook, dont le siège européen est basé à Dublin, estime relever de l'Autorité irlandaise de protection des données personnelles et non du gendarme anticartel allemand.

Le gendarme allemand de la concurrence a restreint jeudi l'exploitation par Facebook des données de ses utilisateurs, en lui interdisant de piocher d'autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram et Whatsapp.

L'Allemagne laisse 12 mois à Facebook pour se conformer à cette décision et modifier sa politique de collecte d'informations.

D'où sa décision, annoncée ce 7 février, qui vise à interdire à Facebook pareils croisements de données, sauf si l'utilisateur y consent de la manière la plus claire. Si le consentement n'est pas donné, les données doivent rester avec le service respectif et ne peuvent pas être traitées en combinaison avec les données Facebook.

Pour Andreas Mundt, il faut "que les utilisateurs puissent, à l'avenir, empêcher que le réseau social collecte et exploite leurs données sans entrave". Sans cette autorisation, les données ne devront pas sortir des différentes plateformes.

Les autorités allemandes ont exigé que Facebook renonce à combiner les données des utilisateurs de ses différents services sans leur consentement. Pour cela, Facebook fera une mise à jour des fonctionnalités du bouton " Why am I seeing this ad " (Pourquoi je vois cela), présent en haut à droite de chacune des publicités insérées dans le fil des utilisateurs. Si WhatsApp a réaffirmé que les bannières publicitaires ne seront toujours pas autorisées sur sa plateforme, le réseau social a indiqué que les messages envoyés par les marques pourront "contenir une offre pour quelque chose qui pourrait vous intéresser ". Mais surtout, vous saurez si cette publicité s'affiche car vos coordonnées apparaissent dans le listing d'une marque ou d'une annonceur, ou encore si ce même annonceur les a obtenues d'un de ses partenaires. "La théorie de lautorité de concurrence fédérale allemande est que la domination de Facebook est ce qui lui permet d'imposer aux utilisateurs des conditions contractuelles qui les obligent à permettre à Facebook de les suivre partout".

L'organisme allemand a déjà rétorqué que le contrôle de Facebook sur de multiples réseaux sociaux combiné à sa part de marché élevée est "indicatif d'un processus de monopolisation" et qu'une intervention est nécessaire. "En tant qu'entreprise dominante, Facebook est soumise à des obligations spéciales en vertu du droit de la concurrence".

Ici aussi, Facebook conteste tout abus, renvoyant au consentement des utilisateurs qui serait fourni, selon elle, conformément aux standards requis par la loi. D'autant que les premières tentatives pour obliger les agences publicitaires à demander aux utilisateurs leur consentement pour récupérer leurs données personnelles s'est avérée fort peu utile, puisque Facebook se contentait de leur bonne foi, la procédure étant purement déclarative. Dans le cadre de son modèle économique, la société doit prendre en compte le fait que les utilisateurs de Facebook ne peuvent pratiquement pas passer à d'autres réseaux sociaux. "Dans une situation aussi difficile, le choix de l'utilisateur ne peut être considéré comme un consentement volontaire", a déclaré Mundt.

L'office des cartels allemand s'attaque en effet à la manière dont Facebook a collecté et fusionné des milliards d'informations afin de créer des profils d'internautes très précis et leur.

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