Syrie : le groupe Etat islamique contrôle maintenant moins d’1% de son "califat"

09 Février, 2019, 23:24 | Auteur: Lynn Cook
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Eviter la résurgence de Daech, trancher le sort de ses combattants étrangers détenus en Syrie, dissiper les tensions entre Kurdes et Turcs: les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition internationale, réunis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, devaient faire face aux multiples casse-tête créés par le départ américain. En Irak, les autorités ont proclamé la "victoire" sur l'EI en décembre 2017.

"L'armée des Etats-Unis, nos partenaires de la coalition et les Forces démocratiques syriennes", une alliance arabo-kurde, "ont libéré la quasi-totalité des territoires auparavant contrôlés par Daech en Syrie et en Irak", a déclaré Donald Trump, venu clôturer la réunion au département d'Etat.

Les FDS mènent aujourd'hui leur offensive dans la province de Deir Ezzor, contre un secteur de quelques kilomètres carrés. Un haut commandant des FDS expliquait récemment à l'AFP que les préparatifs étaient en cours pour un "assaut final".

"Ces derniers jours, il y a des tirs d'artillerie (des FDS) et des raids aériens sporadiques" de la coalition, a rapporté vendredi l'OSDH.

"Les FDS marquent depuis quelques jours une pause opérationnelle qui leur permet de se réorganiser et de renforcer leurs positions", a confirmé jeudi 7 février lors d'un point presse à Paris le porte-parole de l'état-major français, le colonel Patrik Steiger.

"Nous avançons avec beaucoup de précaution, pour la sécurité des civils utilisés par l'EI comme boucliers humains", a-t-il souligné.

Dorénavant, "notre combat ne sera pas forcément en premier lieu militaire", "c'est pourquoi l'annonce par le président Trump que les soldats américains vont se retirer ne signifie pas la fin du combat américain", a-t-il ajouté. "L'annonce formelle que nous avons repris 100% du califat devrait intervenir la semaine prochaine", a-t-il dit.

"Pour autant, les djihadistes qui restent " ont encore de petites poches", " qui seront de plus en plus petites " mais " peuvent être si dangereuses ", a reconnu le locataire de la Maison-Blanche, promettant de " tout faire pour vaincre jusqu'au dernier membre de la folie de l'EI ". Surtout, le président américain a d'abord invoqué la défaite de l'EI pour justifier ce retrait, mais cette proclamation hâtive a ensuite été mise en doute de toutes parts.

Plus de 37.000 personnes ont fui le fief jihadiste depuis début décembre, principalement des familles de l'EI, indique l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Et le flot ne se tarit pas. Les femmes et les enfants sont conduits dans des camps de déplacés, plus au nord.

Comme les FDS, la coalition craint de voir des combattants de l'organisation extrémiste échapper à leur vigilance en se mêlant au flot de civils.

Des centaines d'étrangers, dont des femmes et enfants, se trouvent aujourd'hui aux mains des FDS et réclament leur rapatriement vers leurs pays d'origine.

La question du sort des jihadistes, notamment étrangers, est encore plus sensible depuis que les Etats-Unis ont annoncé leur retrait de Syrie au moment où la Turquie menace de lancer une offensive contre les forces kurdes. Une opération qui pourrait entraîner un chaos sécuritaire, dont l'EI pourrait profiter, ont averti les FDS.

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