Le "couple de la Contrescarpe" condamné à 500 euros d'amende — Affaire Benalla

09 Février, 2019, 09:05 | Auteur: Lynn Cook
  • Le couple à l’origine de l’affaire Benalla face à la justice

L'interpellation du couple avait marqué le commencement de l'affaire Benalla. Simonin lui précise également à quelle heure le jeune homme a été libéré le 1er mai - le couple a été interpellé vers 20 heures puis laissé libre vers 22 h 30 après un contrôle d'identité, priorité étant donnée ce jour-là aux potentiels membres des Black Blocs.

"On veut juste que ça s'arrête", lance Chloé P., graphiste.

Les jeunes gens ont répété être sortis boire un verre pour fêter six ans de vie commune avant de se retrouver pris dans des heurts.

Chloé P. a décrit "un acte irréfléchi" après des provocations des CRS suivies par une charge de ces policiers dont elle n'a pu expliquer la raison.

Dénonçant des faits "graves et inadmissibles", la procureure requiert deux mois d'emprisonnement avec sursis et 400 euros d'amende. "Il y avait de la fumée partout, on a perdu le contrôle". "Cela s'est passé très vite (.) On ne voulait faire de mal à personne, on l'a regretté tout de suite", a ainsi déclaré à la barre Chloé P. "On n'a jamais fait de manifestations de notre vie, c'est une réaction stupide". L'exploitation des vidéos montre que "les CRS ne sont pas vraiment en train de vous charger", a aussi remarqué la juge.

Mais les projectiles qu'ils avaient jetés n'ont fait aucune victime.

La représentante de l'accusation fait mine de s'étonner de l'affluence médiatique, décrivant "un petit dossier avec des faits établis et reconnus". Inconnus de la justice et de la police avant ces faits, les deux jeunes gens encourent une peine de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende pour " violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique n'ayant entraîné aucune incapacité temporaire de travail ". Il y a "peu de risques" que le couple "recommence", a expliqué la juge unique du tribunal correctionnel, et "on peut penser que ce qui a suivi cet événement a déjà développé votre conscience de la gravité des faits", a-t-elle dit aux deux prévenus. Protagonistes de ce qui est devenu un volet secondaire d'une affaire qui les dépasse, même s'il en a été le révélateur, ils sont eux-mêmes parties civiles dans l'une des procédures visant l'ex-homme de confiance d'Emmanuel Macron et Vincent Crase.

Concernant les faits du 1er mai, ce dernier, autour duquel s'accumulent les révélations, est mis en examen pour "violences en réunion" et "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", place de la Contrescarpe mais aussi au Jardin des plantes où il avait mené un peu plus tôt dans la journée une interpellation musclée.

"Nous pouvons considérer que le tribunal nous a entendus, nous ne ferons pas appel", a réagi leur avocat. Il nie toute forme de violences et assure avoir agi par "réflexe citoyen".

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