Alstom envisage un recours pour obtenir une compensation de Bruxelles — Dossier Siemens

07 Février, 2019, 00:21 | Auteur: Aubrey Nash
  • Fusion Alstom  Siemens-Mise en garde du patronat européen à lUE | Crédits

La Commission européenne a finalement interdit la fusion entre les branches ferroviaires d'Alstom et de Siemens, à la fureur de Berlin et de Paris.

L'Europe considère ce mariage néfaste pour la concurrence sur le marché ferroviaire de l'Union européenne.

La commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé que les deux entreprises "n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence " soulevées par le gendarme européen.

"Et il est important de ne pas seulement écouter ceux qui sont très bavards dans les médias", a-t-elle ajouté taclant implicitement le ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, qui s'est emporté le jour même contre sa décision finale, mais aussi des responsables allemands.

Le patronat européen et le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, reprochent à la Commission de limiter son analyse au seul marché intérieur européen sans tenir compte de l'évolution de l'environnement mondial, marqué notamment par l'émergence de géants chinois comme CRRC dans le ferroviaire.

Margrethe Vestager devrait donc mettre son veto au projet de fusion, annoncé en grande pompe en septembre 2017. La secrétaire d'Etat française à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, a qualifié de son côté le veto de Bruxelles de "complètement à côté de la plaque".

" Je crois que les jeux sont faits ", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une " erreur économique " qui " va servir les intérêts " de la Chine".

"En l'absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a-t-elle poursuivi. La commissaire Margrethe Vestager en a profité pour démonter l'argument de la menace chinoise.

Bruxelles a bloqué ce mercredi le rapprochement entre Siemens et Alstom dans le domaine ferroviaire. La commissaire danoise s'est inquiétée à maintes reprises des effets de ce rapprochement.

Mardi, une source gouvernementale française a estimé que le veto attendu de Bruxelles était "symptomatique d'une certaine idéologie de la Commission qui va à l'encontre des intérêts européens", regrettant une interprétation des règles "extrêmement stricte" de la part de Bruxelles. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

"Protéger les intérêts des clients localement ne signifie pas se priver d'être sur un pied d'égalité avec des pays leaders comme la Chine et les Etats-Unis", a aussitôt réagi Joe Kaeser, le patron de Siemens. Mais les cessions d'actifs envisagées, correspondant à 4% du chiffre d'affaires cumulé des deux entités, n'ont pas convaincu.

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